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LE

NOUVEAU TESTAMENT

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Jésus de Nazareth et le développement de sa pensée sur lui-même. 4 vol. in-80 (épuisé).

Les idées religieuses en Palestine à l’époque de Jésus-Christ. - édition, 1878. Paris, librairie Fischhacher. 1 vol. in-12 . . 3 fr. 50

Le plus ancien manuserit du Nouveau Testament. Brochure in-80,

Paris, Ilibrairie Fischbacher, 1880 +. «4 . . . CNRS CR

La Palestine au temps de Jésus-Christ, d’après le Nouveau Testament,

l'historien Flavius Josèphe et les Talmuds. édition, 1886. Paris, librairie

Fischbacher.{i; vol. in:80. πο 4%, à 2°. 2? COCOON (Cet ouvrage « été traduit en anglais).

Le Château de Taley (Loir et Cher) 1888. Paris, librairie Fischbacher, LENOIR ES nn 0 5e 0e none 0 OS OS

Tirage sur papier à la cuve . . .

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CÉSARÉER

____ Voyages de Jésus-Christ

Nouveau Testament, trad, par Edm. Stapfer. Paris, Librairie Fischbacher,

LA PALESTINE

AU TEMPS DE JÉSUS-CHRIST

NOUVEAU TESTAMENT

TRADUIT SUR LE TEXTE COMPARÉ

MEILLEURES ÉDITIONS CRITIQUES

PAR

EDMOND STAPFER

Docteur en Théologie, Pasteur de l'Église réformée de France, Maître de Conférences à la Faculté de Théologie protestante de Paris.

10127 ee se

PARTS LIBRAIRIE FISCHBACHER

(SOCIÉTÉ ANONYME)

33, RUE DE SEINE, 93

1389

Droits réservés

A

MES ANCIENS ÉLÈVES

DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE PROTESTANTE

DE PARIS

Mes chers amis,

Cette traduction vous appartient comme à moi; nous

l'avons faite ensemble. Je vous la dédie.

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LE

NOUVEAU TESTAMENT

INTRODUCTION

SOMMAIRE : L'origine du Nouveau Testament. Les plus anciens manuscrits. Les variantes du texte. Les dernières éditions critiques. Quel texte nous avons traduit. De la division en chapitres et en versets. De l’ordre dans lequel sont rangés les livres du Nouveau Testament. Des citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau. Comment nous avons essayé de traduire. Les livres faciles et les livres difficiles. Deux manières de traduire, Les notes et les préfaces. Les variantes de tra- duction et de ponctuation. Les éclaircissements et les remarques géogra- phiques et historiques.

APPENDICE : Liste des manuscrits grecs du Nouveau Testament en lettres onciales et des manuscrits des anciennes versions.

On appelle le Nouveau Testament un recueil d’écrits composés par les premiers chrétiens, et datant presque tous de la seconde moitié du premier siècle. Ils sont au nombre de vingt-sept. On pourrait définir ce recueil: la collection des plus anciens documents du christianisme. Il faut remarquer cependant que certains d’entre eux, comme le quatrième évangile ou la seconde Épître de Pierre, ont été écrits après des livres chrétiens qui ne sont pas dans le Nouveau Testament, par exemple après l'Épître de Clément Romain aux Corinthiens.

Le recueil, tel que nous le possédons, s’est formé peu à peu et le plus naturellement du monde. On sait que le culte de l'Église

2 LE NOUVEAU TESTAMENT

primitive était calqué sur celui de la synagogue. Donc, à chaque assemblée de ce culte les chrétiens avaient, dès l’origine, l'habitude de lire des fragments de: la Loi et les Prophètes. Les livres de l’ancienne alliance étaient, pour eux comme pour les Juifs, la Parole de Dieu. Or, lorsque, dans une Église, à Corinthe, par exemple, on avait reçu une ou plusieurs lettres de Paul, l’usage s'établit immédiatement de lire des fragments de ces épîtres au culte public aussitôt après l’ Ancien Testament. Bientôt, aux lettres recues directement et adressées à l'Église même, vinrent s’ajouter les copies des lettres reçues par les communautés voisines. Plus tard des Évangiles ou des fragments d'Évangiles vinrent à leur tour accroître la collection. Ce fut surtout après la mort des apôtres, et lorsque la tradition orale courut le risque de s’altérer et de se perdre, qu’on éprouva le besoin de fixer par l'écriture les récits de

la Passion, les discours de Jésus-Christ, les paraboles, qui jusque-là -

avaient passé de bouche en bouche, conservés par la seule mémoire. C’est ainsi que chaque Église forma, indépendamment des autres, un recueil de livres de la nouvelle alliance. Chacune avait le sien et, naturellement, il y avait entre les diverses collections des diffé- rences. Aucune entente préalable n'avait présidé au choix des ouvrages. Ce ne fut qu'au bout de quatre cents ans environ que le recueil sous sa forme actuelle fut définitivement arrêté. Avant cette époque les communautés chrétiennes ajoutaient des livres ou en retranchaient à leur convenance. 1] nous reste de ces temps primitifs un certain nombre de listes de livres du Nouveau Testament. Il en est qui en renferment plus de vingt-sept. Le Pasteur d'Hermas, les Épîtres de Clément Romain, l'Épître de Barnabas ont long- temps joui d’une grande faveur. Plusieurs Pères de l'Église les considéraient comme Écriture sainte.

Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de la formation du recueil des livres du Nouveau Testament, ce qu’on appelle l’histoire du Canon. Notons seulement un fait: les livres qui étaient générale- ment admis s’appelaient incontestés. Les livres qui restaient en discussion s’appelaient contestés. Ce sont ces derniers qui ont été, au quatrième et au cinquième siècle, l’objet d'un triage; les uns pour être définitivement exclus; les autres pour être élevés au rang d'incontestés, et, à partir de ce moment, le Nouveau Testa-

ment ne subit plus aucun changement. Il fut tel que nous le possé-

INTRODUCTION ΠῚ

dons. Nous aurons l’occasion, dans les courtes préfaces que nous placerons en tête de chaque livre, d'indiquer au lecteur si ce livre était contesté ou incontesté.

Deux des plus anciens manuscrits qui nous soient parvenus portent les traces des longues hésitations des Églises. Ils ne se terminent pas avec l’Apocalypse de Jean; l’un, qui est du qua- trième siècle, continue par le Pasteur d'Hermas et l'Épître de Barnabas et l’autre, qui est du cinquième siècle, renferme les Épîtres de Clément Romain aux Corinthiens.

L'autorité des livres du Nouveau Testament fut de bonne heure très grande. Elle naquit spontanément de l'habitude de les lire au culte public aussitôt après les Écritures de l'Ancien Testament ét ce mot, les Écritures, appliqué aux livres du Nouveau fut proba- blement employé dès le commencement du second siècle. D'ail- leurs parmi ces ouvrages les uns rapportaient les seuls faits de la vie de Jésus qui fussent connus et rappelaient les seules paroles de lui qui eussent été conservées, d’autres émanaient d’apôtres vénérés, et on s'explique fort aisément la faveur et le respect dont ces documents primitifs furent immédiatement entourés. La collection complète, après avoir reçu différents noms, fut défini- tivement appelée : La Nouvelle Alliance. Jointe à l’Ancien Testament elle forme ce que nous nommons la Bible (en grec: Ta Biblia, c’est-à-dire : les livres). Quant au terme : le Nouveau Testament, 1] n’est que la traduction fautive du latin Novum Testamentum qui signifie proprement : Nouvelle Alliance.

Nous ne possédons pas de manuscrits du Nouveau Testament antérieurs au quatrième siècle. Les écrits originaux des divers auteurs ne nous ont pas été conservés. Il ne reste aucune trace de leur existence et même toutes les copies faites pendant trois cents ans ont été perdues. Du quatrième siècle il en reste deux, aussi anciennes l’une que l’autre et dont l’origine est la même. Quelques- unes de leurs parties ont même été écrites par le même scribe. L'un de ces manuscrits a été découvert le 4 février 1859 par Tischendorf au couvent de Sainte-Catherine au pied du mont Sinaï en Arabie. Il se trouve maintenant à la Bibliothèque de Saint- Pétersbourg et renferme le Nouveau Testament tout entier. C’est lui qui, après l’Apocalypse, contient l'Épître de Barnabas et une partie du Pasteur d'Hermas. On l’appelle le manuscrit du Sinaï ou

4 LE NOUVEAU TESTAMENT

Codex Sinaiticus. L'autre est à la Bibliothèque du Vatican à Rome. Il s’y trouve depuis fort longtemps sans qu'on puisse préciser à quelle époque exacte il y été placé. Il devait être primitivement complet, mais la fin du Nouveau Testament, à partir du milieu de l'Épiître aux Hébreux, a été déchirée à une date inconnue. On l'appelle le Codex Vaticanus manuscrit du Vatican. Du cinquième siècle il nous reste aussi deux manuscrits, l’un est à Londres, il y a été apporté d'Alexandrie au milieu du dix-septième siècle et porte le nom de Codex Alexandrinus. Mutilé dans ses premières pages, il ne commence qu’au chapitre vingt-cinquième de Mat- thieu, mais il est complet à la fin et, nous le disions plus haut, 1] renferme les Épîtres de Clément de Rome après l’Apocalypse. De la seconde, qui est apocryphe, il ne reste que des fragments. Enfin, nous avons à Paris un manuscrit également du cinquième siècle; un Palimpseste. On appelle ainsi un codex dont l'écriture pri- mitive a été effacée au moyen âge. Le parchemin, ainsi remis à neuf, servait à transcrire un autre ouvrage. Ce procédé était en usage à une époque le parchemin était rare et cher. Notre Yodex de Paris a servi à transcrire les œuvres d’un Père de l'Église, Éphrem le Syrien. A l’aide de puissants réâctifs chi- miques on parvient à faire reparaître les caractères effacés et à lire, au moins en partie, le texte primitif; mais cette lecture est très difficile et reste douteuse pour plusieurs passages. La consul- tation de ce Codex appelé Codex d'Éphrem est donc extrêmement délicate.

Ces quatre manuscrits sont les seuls connus qui renferment le Nouveau Testament tout entier (sauf les parties mutilées). D’autres copies très importantes, datant des sixième, septième, huitième et neuvième siècles, nous offrent le Nouveau Testament par fragments soit qu'ils aient été, eux aussi, mutilés, soit qu'on n'ait voulu pri- mitivement copier qu'une partie du Saint Livre. Les uns n’ont que les Évangiles; les autres n’ont que les Épîtres de saint Paul ; d’autres les Actes des apôtres et les Épiîtres ‘atholiques. Ils sont tous en lettres onciales, sorte d'écriture droite, carrée, majuscule, la seule en usage alors. Nous renonçons à décrire ici toutes ces copies; mais les personnes que cette question intéresse trouveront à la fin de cette introduction et sous forme d’appendice la liste de tous les anciens codices en lettres onciales, avec la date de leur

αν he son

INTRODUCTION

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découverte, la nature de leur texte, l’époque de leur publication, l'indication de leur contenu. Nous avons joint à cette liste celle des plus anciennes traductions du Nouveau Testament, ouvrages fort utiles à consulter lorsqu'on s'occupe de reconstruire le texte grec primitif.

Au dixième siècle fut inventée l'écriture cursive, plus simple et plus commode que l’écriture onciale. Cette invention facilita beau- coup la confection des copies du Nouveau Testament et celles-ci devinrent extrêmement nombreuses. Il n’est guère de bibliothèque publique en Europe qui ne renferme une ou plusieurs de ces copies en lettres cursives postérieures au dixième siècle.

Lorsqu'on compare les divers manuscrits, même les deux pre- miers le Vaticanus et le Sinaïticus, écrits par les mêmes copistes et qui sont comme deux frères jumeaux, on remarque dans les textes qu'ils nous offrent d’assez sensibles différences; et ce n’est que par une étude patiente, attentive, très minutieuse de tous les anciens documents qu’on arrive à reconstruire approximativement, toujours avec des doutes et de nombreuses chances d’erreur, le texte pri- mitif. Ce travail de reconstruction n’a été sérieusement entrepris que de nos jours. La traduction du Nouveau Testament qu’on lit dans les Églises protestantes de langue française et qui est une révision d’une version écrite au seizième siècle, a été faite sur un texte défectueux, sur celui d’un des premiers Nouveaux Testaments grecs imprimés et pour la publication duquel l'éditeur avait pris sans discernement les manuscrits grecs qu'il avait trouvés dans la Bibliothèque de Bâle; la plupart étaient de la fin du moyen âge. ΤΙ fallait les revoir, les corriger; on ne le fit pas. On les imprima tels quels. Puis on les réimprima et il en fut ainsi jusqu’à nos jours. Quelques traducteurs modernes ont essayé çà et Ἰὰ de retoucher légèrement ce texte sans autorité. Ils commettaient une erreur. Il ne faut pas le corriger, mais le remplacert. Sans doute ce Nouveau Testament grec traditionnel n'offre pas desdifférences essentielles pour la foi avec les textes critiques modernes. Le nombre des variantes importantes est très restreint et, à tout

1 C’est ce texte qui s’appelle texte recu. Expression fâcheuse que nous évitons à dessein.

6 LE NOUVEAU TESTAMENT

prendre, le texte sacré nous est parvenu dans un merveilleux état de conservation. Cependant lorsqu'il s’agit des livres saints rien n’est sans importance, et puisque Dieu n’a pas permis que nous eussions les écrits originaux, tout traducteur doit se faire un devoir de conscience de prendre pour base de son travail un texte se rappro- chant le plus possible de celui que les écrivains sacrés ont primi- tivement composé.

Les savants qui s'occupent de cette importante question doivent d'abord comparer les manuscrits et les classer en familles. Certaïns d’entre eux offrent les mêmes différences, et ce premier classe- ment est facile. On distingue deux grandes familles, celle des copies qui ont pour origine l'Égypte et en particulier Alexandrie, on l’appelle famille alexandrine, et celle des copies faites en Asie Mineure et à Constantinople qu’on appelle byzantine. La pre- mière est considérée comme la meilleure, la plus autorisée. Ce premier classement terminé, les critiques relèvent toutes les variantes et cherchent par la comparaison, et aussi par l’examen du texte lui-même, à s’en expliquer la provenance. Les unes viennent de l’inexpérience des copistes; telle erreur est involon- taire; telle autre a été, au contraire, commise intentionnellement.

Après les manuscrits et à côté d’eux, il faut interroger les anciennes traductions. Deux d’entre elles sont du second siècle et ont des leçons importantes. Enfin les citations des Pères de l'Église sont l’occasion de plus d’un rapprochement curieux. Ceux-ci, dont les écrits sont antérieurs à nos plus anciens manus- crits, avaient sous les yeux des copies aujourd’hui perdues et les passages de ces copies, cités par eux dans leurs écrits, offrent parfois de remarquables différences avec ceux de nos manuscrits ou, au contraire, viennent confirmer leurs leçons douteuses. On comprend combien ce travail est délicat et minutieux.

Trois éditions critiques ont été faites de nos jours d’après les principes les plus rigoureux de la science moderne. La première en date est celle du savant anglais Tregelles. La deuxième, parue en Allemagne, est due à Tischendorf et enfin la troisième, imprimée il y a quelques années en Angleterre, a été préparée par deux savants professeurs de l’Université de Cambridge MM. Westcott et Hort. Un théologien allemand M. Gebhardt a eu

l’heureuse idée de réunir sous un même coup d'œil dans une

chti nié

INTRODUCTION 7

récente édition du Nouveau Testament grec les trois textes de ces trois publications critiques. Partout Tregelles, Tischendorf, Westcott et Hort sont d'accord, nous sommes certains d’avoir le meilleur texte possible dans l’état actuel de la science. Partout ils diffèrent (et Gebhardt relève toutes ces différences) nous sommes en présence de variantes très autorisées et dont le tra- ducteur doit tenir compte chaque fois qu’elles sont assez impor- tantes pour ne pas disparaître d’elles-mêmes dans la traduction. Le travail de Gebhardt a servi de base à notre version. Elle est faite sur le texte commun des trois meilleures éditions critiques actuelles du Nouveau Testament. Quant aux variantes nous avons choisi entre elles, après en avoir recherché la cause dans les plus anciens manuscrits. Celle que nous n’avons pas adoptée est tou- jours notée au bas de la page et précédée d’une des formules suivantes : Quelques anciens manuscrits, plusieurs anciens manuscrits, un des plus anciens manuscrits (c’est-à-dire soit le Sinaïticus, soit Le Vaticanus) ou encore: quelques anciennes autorités, plusieurs anciennes autorités (cette dernière expression indique que nous avons recouru, outre les manuscrits, au témoignage des anciennes versions, dont nous donnons plus loin la liste, et à celui des Pères de l'Église). La formule : quelques anciens manuscrits indique que la leçon du texte a en sa faveur un plus grand nombre de copies que celle de la variante, mais moins anciennes, et la formule : plusieurs anciens manuscrits indique que la lecon du texte a pour elle des copies moins nombreuses, mais plus anciennes. Grâce à ces indications très simples nous offrons au public français une traduction dont le texte est entièrement conforme aux légitimes exigences de la eri- tique moderne.

Nous avons introduit dans notre version la division tradition- nelle en chapitres et en versets. Elle n’est pas ancienne cependant; elle date, pour les chapitres, du moyen âge seulement, et pour les versets, du seizième siècle. Les manuscrits n’en portent acune trace et il va sans dire que les auteurs sacrés n’ont jamais songé à pra- tiquer sur leurs écrits d'aussi bizarres coupures. Nous ne contestons assurément pas l'utilité et même la nécessité d’une division du texte. Les recherches, sans elle, seraient impossibles. Oui, il en faut une; mais celle en chapitres et en versets est très mal faite.

LE NOUVEAU: TESTAMENT

Et d'abord, pourquoi deux sortes de coupures? Une seule suffirait ; un simple partage en paragraphes, un peu plus longs que nos versets actuels, serait tout ce qu'il faut pour rendre les recherches très faciles. Le manuscrit du Vatican nous offre précisément un essai de ce genre; et il est bien certain qu'un système de paragraphes renfermant chacun cinq ou six lignes serait mieux entendu que notre division en chapitres et en versets. Ceux-ci sont trop courts; ceux-là sont trop longs. Aussi qu’arrive-t-il? Le lecteur est souvent empêché de comprendre le texte par les coupures mêmes qui y ont été intro- duites, et il se trouve que ces chapitres et ces versets sont une des mesures les plus funestes qui aient jamais été prises à l'égard des livres saints. Le temps n’est pas bien éloigné l’imprimeur allait conseiencieusement à la ligne après chaque verset et faisait ainsi de chacun d’eux un développement distinct. Il semblait que les lettres des apôtres fussent des collections de sentences détachées. Il devenait très difficile, pour le lecteur ordinaire, de saisir le lien logique qui relie entre elles les différentes parties des épîtres; d'autant plus qu'après avoir lu une série de ces phrases détachées, dont chacune formait une sentence distincte, il s’arrêtait, parce qu'il avait fini «son chapitre». Le lendemain il en lisait un autre et la pensée d'ensemble de la lettre de l’apôtre lui échappait com- plètement. Il faut ajouter que l’habitude des prédicateurs de choisir pour textes de leurs sermons des versets détachés de ce qui les précède et de ce qui les suit a aussi fortement contribué à dénaturer dans l'esprit des fidèles la vraie physionomie des écrits du Nouveau Testament et à leur persuader que ces livres étaient des listes de préceptes et se composaient d'articles de Code. L'inconvénient de ce morcellement est moindre, sans doute, pour les discours de Jésus dans les Évangiles, parce que le Christ, comme tous les Rabbis de son temps, a souvent parlé en sentences, mais pour les Épiîtres de saint Paul on ne saurait exagérer ce qu'il a de fâcheux. Changer des lettres comme l'Épîtr > aux Galates les Épîtres aux Corinthiens, ces pages d'une inspiration si profonde, l’apôtre entraîne son lecteur d’un mouvement si rapide et si sûr, les changer en une collection de proverbes, est une véritable profanation! Le lecteur qui voudra se convaincre que ce mot de profanation n'est pas trop fort n’a qu’à essayer de mettre en versets une page quelconque des Adieux d’'Adolphe Monod; il verra ce

INTRODUCTION 9

qu'aura de déplorable le résultat ainsi obtenu. Qu'il divise aussi en chapitres une méditation de Vinet; puis qu’il lise chaque jour un de ces chapitres, ni plus, ni moins; et qu'il se demande, au bout de quelques jours et lorsqu'il aura fini, s’il a une idée quel- conque de l’ensemble de ce qu’il a lu. Quant aux livres historiques, les Évangiles et les Actes des Apôtres, découpés en versets, le lecteur, qui voudra se rendre compte de la transformation que ces livres ont subie, n’a qu'à pratiquer cette opération sur une page de Tacite ou de Thucydide. Il comprendra immédiatement ce que sont devenus les récits des Évangélistes entre les mains de ceux qui les ont mutilés en les partageant.

Et cependant nous avons conservé ces divisions. La puissance des usages reçus nous à paru sur ce point invincible. Une tradition plus de trois fois séculaire s’est imposée à nous. Mais nous avons rejeté les chiffres dans la marge, comme on le fait toujours main- tenant, et nous prions le fidèle de nos Églises, auquel nous avons fait cette concession, de ne tenir aucun compte dans sa lecture pas plus des chiffres des versets que de ceux des chapitres. Cette double annotation ne doit lui servir que pour retrouver un passage.

L'ordre dans lequel sont rangés les livres du Nouveau Testa- ment fut de bonne heure très arbitraire. Jamais les Églises ne les placèrent dans l’ordre chronologique et d’ailleurs elles l’igno- raient certainement. Les Évangiles composés après les Épîtres furent cependant toujours placés avant elles. Cela se comprend puisque la vie de Jésus-Christ a précédé la rédaction des lettres de ses apôtres; mais l’ordre actuel: Matthieu, Marc, Luc, Jean, ne repose sur rien de réel. S'il fallait le refaire nous placerions certainement l'Évangile de Marc le premier; celui de Matthieu n'aurait que la deuxième place. Quant aux Épîtres de Paul elles ne sont pas rangées par ordre de date, mais par ordre de longueur. L’'Épître aux Romains étant la plus longue ouvre la sérié; le billet à Philémon la ferme. Cet arrangement est fort ancien; il est celui des premières listes qui nous soient connues et qui datent du milieu du second siècle. Disons-le franchement, il est singulière- ment puéril; mais consacré par l'habitude, ici dix-huit fois sécu- laire des fidèles, il ne peut pas, à notre avis, être modifié. Nous

40 LE NOUVEAU TESTAMENT

avouons cependant avoir longtemps hésité à le suivre et nous ne nous y sommes décidé, comme pour les chapitres et les versets, que pour faciliter les recherches. Nous essaierons de parer à son inconvénient en indiquant toujours dans la préface de chaque lettre la date probable de sa composition. Si la tradition reçue n’était pas ici un véritable esclavage, Le classement par la date serait à adopter, car, lorsqu'on publie la correspondance d’un écrivain quel- conque, on la publie toujours dans l’ordre chronologique. Nous avons aussi laissé les épîtres dites catholiques après l’Épître aux Hébreux suivant l’usage de nos Nouveaux Testaments modernes, mais, dans les anciens manuscrits, ces épîtres sont toujours réunies aux Actes des Apôtres.

D'ailleurs une des raisons qui nous ont fait renoncer à rien changer à l’ordre ordinaire est l’extrême difficulté de ces recon- structions chronologiques. Pour quelques livres nous pouvons sans doute affirmer péremptoirement qu'ils ont été écrits avant tels autres; mais le nombre en est restreint, et la conjecture garde tou- jours ici une trop large place. Si nous savions avec certitude la date exacte de toutes les lettres de Paul peut-être n’hésiterions-nous pas à nous insurger contre la tradition; le classement actuel déroute le lecteur et le classement véritable lui permettrait de suivre de lettre en lettre le développement de la pensée de l’apôtre. Ne plus séparer l'Épître aux Éphésiens de l’Épître aux Colossiens, joindre à celle-ci la lettre à Philémon, placer l’Épître aux Romains après les Épîtres aux Corinthiens, et celle aux Galates avant, mettre les deux épîtres aux Thessaloniciens en tête de toute la liste, et celle aux Philippiens à la fin, tout cela était bien tentant et aurait été bien facile; mais ensuite, placer les Épiîtres à Timothée et à Tite qui sortent du cadre connu de la vie de saint Paul, et auxquelles il est impossible d’assigner une date précise? mettre l'Épître aux Hébreux ? les épîtres catholiques? Devant ces questions insolubles, le plus sage était de s'abstenir, de laisser le Nouveau Testament tel quel et de ne pas remplacer l'arbitraire par l'arbitraire.

Avant de terminer ce que nous avons à dire du texte, nous devons faire remarquer au lecteur que les citations des livres de l'Ancien Testament faites par les écrivains du Nouveau ne s'ac- cordent pas toujours avec le texte des traductions en langue fran-

çaise qu'il a entre les mains. Ces différences tiennent à diverses

INTRODUCTION 11

causes. 1] arrive fréquemment, par exemple, que les auteurs du Nouveau Testament ne citent pas d’après l'original hébreu sur lequel ont été faites nos versions, mais d’après la traduction grecque commencée à Alexandrie vers le troisième siècle avant l’ère chrétienne, achevée cent ans plus tard et connue sous le nom de traduction des Septante. Or le texte de cette version diffère souvent d'une manière très sensible de l'original hébreu. Ces divergences peuvent venir, pour un certain nombre de passages, de ce que les auteurs de cette version avaient sous les yeux un autre texte hébreu que celui qui nous a été conservé, mais dans la plupart des cas elles viennent tout simplement de ce que les Septante ont mal traduit. Or les écrivains du Nouveau Testament ne se sont pas toujours rendu compte de ces fautes, et ils ont repro- duit de confiance plusieurs contre-sens de la traduction grecque. Il leur arrive aussi de citer inexactement, parce qu'ils citent de mémoire. Nous ne pouvions indiquer toutes ces erreurs dans nos notes {; elles auraient été trop chargées. Le lecteur, en cherchant dans l’Ancien Testament les passages que nous indiquons au bas des pages, fera de lui-même le travail de comparaison qui lui révélera les divergences qui existent entre la citation et le véri- table texte.

Il est aussi quelques passages, cités comme Écriture sainte dans le Nouveau Testament et qui ne se retrouvent pas dans l’Ancien. (Par exemple : ἔν. de Matth. 2, 38: ἔν. de Jean 7, 38; [τὸ Ép. aux Corinth. 2, 9, etc., etc.) Il ne faut pas en être surpris. Nous savons positivement que la notion actuelle d’un canon fermé n’existait pas au premier siècle, et que 165 chrétiens d’alors considéraient comme Écriture sainte et inspirée des livres qui ne sont pas aujourd’hui dans nos Bibles. C’est ainsi que l’auteur de l'Épître de Jude emprunte une citation au livre d'Énoch (Jude, verset 14 et suiv.) et une autre l’Assomption de Moïse (v. 9). Ces livres nous les con- naissons; ce sont des écrits pseudépigraphes qui ont été composés peu de temps avant Jésus-Christ.

Le principe qui nous a guidé dans notre traduction est celui-ci :

1 On les trouve d’ailleurs très soigneusement indiquées dans la version du Nouveau Testament d’Albert Rilliet.

12 LE NOUVEAU TESTAMENT

faire sur le lecteur français d’aujourd’hui l'impression que l’ori- ginal a faite sur le lecteur grec d’autrefois. Assurément ce n'est qu'un idéal, mais le devoir du traducteur est de chercher à s’en approcher le plus possible. D'ailleurs, tout en restant fidèle à ce principe, nous avons interprété différemment les différents livres. Ceux-ci se partagent au point de vue philologique en deux classes : les livres faciles à traduire: les livres difficiles à traduire. Les livres faciles sont : les quatre Évangiles, une partie des Actes, les Épiîtres de Jean et lApocalypse. Les livres difficiles sont : une partie des Actes, les Épiîtres de Paul, l'Épître aux Hébreux, et les Épiîtres de Jacques, de Pierre et de Jude. Pour les livres faciles la version littérale est souvent la plus fidèle. Leur langage est si simple, si clair, que le traducteur n’a qu’à suivre le texte de très près pour en donner une bonne interprétation; ces livres d’ailleurs sont bien traduits dans presque toutes nos versions françaises. Pour les mal traduire, il faudrait, en vérité, le faire exprès. Nous avons con- servé, chaque fois que la fidélité nous l’a permis, les expressions consacrées par l’usage. Certaines formes archaïques du style évan- gélique très belles et très simples ont été modifiées dans quelques versions contemporaines sans aucun autre motif plausible de la part du traducteur que le plaisir de changer et de faire nouveau. Nous avons done conservé, partout nous l’avons pu, la forme reçue des paroles du Christ et des apôtres. Dans les Évangiles, en parti- culier, il est un nombre considérable de versets, souvent cités, que chacun sait par cœur, et dont la forme connue est scrupuleusement exacte. Nous nous sommes gardé d’y toucher. Mais il va sans dire que nous avons modifié sans hésitation tout passage mal traduit et que nous avons été obligé de lui donner une forme nouvelle, plus conforme à l'original. Nous croyons donc offrir au publie une tra- duction très exacte et qui cependant ne se sépare des versions reçues que cela est absolument nécessaire. Les uns trouve- ront que nous ne nous sommes pas assez écarté de ces versions reçues; les autres que nous nous en éloignons trop. Les lignes qui précèdent répondent aux uns et aux autres.

Nous ne nous sommes nullement astreint à rendre toujours et partout un même mot grec par un même mot français. Notre langue nous offre parfois des synonymes qui n'existent pas en grec: mais nous avons toujours traduit de la même manière les passages sem-

INTRODUCTION

τῷ C2

blables des trois premiers Évangiles. Il y a des identités de texte qu'il faut respecter et nous devons dire que bien peu l’ont fait parmi nos devanciers. La version traditionnelle, dite d'Ostervald, se permet ici d’étranges libertés.

On reprochera, nous le savons, un certain manque d’unité à cette version. On nous dira : vous n’avez pas partout suivi le même système de traduction; tantôt vous usez à l’égard du texte d’une assez grande indépendance; tantôt, au contraire, vous le serrez de si près que votre travail sené la traduction. Nous répondons d’avance que ces divergences sont voulues. Il est très vrai que notre système de traduction varie suivant les écrivains et parfois chez le même écrivain, suivant que nous interprétons telle ou telle partie de son œuvre. Ce procédé est, en particulier, très sensible dans les épîtres. Il est des passages très difficiles nous avons cru devoir serrer le texte de très près. Notre préoccupation pre- mière a été de rendre fidèlement la pensée de l’auteur et de répondre à cette question: que dit-il? Quant à cette autre ques- tion : que veut-il dire? nous avons parfois essayé d’y répondre dans des notes et quand la traduction restait obscure, mais nous ne l’avons fait que lorsqu'il n’y a aucun doute sur la véritable pensée qui se cache derrière ces obscurités de forme. Lorsque, au con- traire, les exégètes se divisent sur ce que veut dire l’auteur, nous n’avons point mis de note, ne voulant insérer dans notre œuvre aucune opinion discutable. Donc, pour tout passage dont l’exé- gèse est controversée, nous avons purement et simplement traduit le texte en le suivant de très près. De là, des parties de notre traduction qui sont presque littérales. Nous n'avons pas hésité devant un devoir de fidélité et de sincérité. Pour tout autre passage, par exemple pour les récits dans les livres historiques ou pour les exhortations morales dans les épîtres, la pensée de l’auteur n’éveille aucun deute, nous avons usé d’une certaine liberté d’in- terprétation. Nous nous sommes souvenu que pour ces passages, sur le sens desquels tout le monde est d'accord, littéralisme est souvent synonyme d’infidélité, et c’est par respect pour le texte que nous l’avons ainsi rendu.

Nous nous sommes surtout efforcé, pour les Épîtres, de faire com- prendre le but que poursuit l’auteur dans l’ensemble de sa lettre, et de faire ressortir l’idée dominante de son écrit. Beaucoup de

14 LE NOUVEAU TESTAMENT

personnes ne connaissent les épîtres que par fragments, par phrases détachées nous avons dit tout à l’heure pourquoi elles appren- dront, nous l’espérons, en étudiant notre traduction, que pour bien connaître une épître il faut la lire d’un bout à l’autre tout entière.

Nous ajoutons enfin pour ceux qui nous diraient: vous avez emprunté telle expression à la traduction de celui-ci ou de celui-là, que nous ne sommes pas de ceux qui croient que pour faire une version originale et vraiment nouvelle des livres saints il est nécessaire de ne tenir aucun compte des versions des autres. Nous avons étudié avec soin toutes les bonnes traductions françaises que nous avons pu nous procurer. Nous avons considéré cette étude non seulement comme un droit, mais aussi comme un devoir. Parmi les versions modernes quelques-unes ont des parties excel- lentes et nous nous serions cru coupable de ne pas profiter des remarquables travaux de nos devanciers.

Nos notes sont de six sortes: Nous renvoyons le lecteur aux passages cités de l’Ancien Testament. Nous nous sommes expliqué plus haut sur ces citations. Nous notons les variantes des manuscrits. Nous en avons également parlé en traitant, dans les premières pages de cette introduction, du texte que nous avons traduit. Nous signalons les variantes de traduction; il est, en effet, un certain nombre de passages susceptibles de deux interprétations. Nous avons inséré dans le texte celle qui nous a paru la meilleure, et en note la moins probable. Nous relevons aussi les variantes de ponctuation. Le texte des anciens manuscrits n'offre aucun signe de ponctuation. Chaque éditeur est donc appelé à en placer lui-même les signes. Parfois une phrase comporte deux et même trois sens complète- ment différents, suivant qu’on la ponctue de telle ou telle manière; et les trois éditions critiques, qui ont servi de base à notre travail, offrent à cet égard de notables divergences. Nous avons indiqué celles qui valaient la peine de l’être et nous y avons ajouté les variantes que nous avons découvertes nous-même et celles qui nous ont été indiquées par d’autres travaux critiques. Nous insérons des notes explicatives et des éclaircissements. Nous nous sommes expliqué plus haut sur leur nature. Enfin nous donnons

4

çà et quelques détails géographiques et historiques, mais le

| É

INTRODUCTION 45

moins possible. Nous n’avons inséré que les remarques absolument indispensables à l’intelligence du texte; et nous les avons rédigées très brièvement. Nous avons même renoncé à toute explication exigeant des développements étendus, par exemple des détails sur la synagogue, sur le Temple, sur les Pharisiens et les Saddu- céens. Il est impossible de décrire soit ces monuments avec les cultes qui y étaient célébrés, soit ces partis avec leur histoire, sans écrire de véritables livres. Nos notes auraient été plus longues que notre traduction; et quant à les définir en trois ou quatre lignes, comme on le fait dans certaines versions contemporaines, nous n'avons pu nous y résigner. Ces quelques lignes sont néces- sairement incomplètes et par suite erronées, et nous ne pouvons que renvoyer les personnes qui désireraient des détails sur ces sujets importants à notre ouvrage : La. Palestine au temps de Jésus-Christ. Ce livre forme une introduction complète à la lecture du Nouveau Testament et s’est trouvé être d’avance les véritables notes de la présente version.

Cependant nous avons çà et insérer une explication histo- rique et géographique. Nous l’avons fait chaque fois que, sans elle, le texte resterait une véritable énigme. cette occasion, nous ne saurions trop nous élever contre la clause de certaines sociétés bibliques ainsi conçue: Nous publions les saintes Écritures sans notes ni commentaires. Sans commentaires, d'accord, mais sans notes! quel avantage peut-il y avoir à priver le lecteur de tout secours et à l’empêcher de comprendre certains passages inintelli- gibles s'ils ne lui sont expliqués? Qu'on supprime tout commen- taire donnant l'opinion personnelle de l’éditeur, rien de plus raison- nable ; mais des explications géographiques et historiques ne sont pas des commentaires. D'ailleurs les sociétés bibliques qui ont inséré dans leurs statuts cette clause : sans notes ni commentaires, ne publient pas de notes, en effet, et cela est très fâcheux, mais elles ne se privent nullement de publier des commentaires, et, ce qui est plus grave que de les insérer au bas des pages, elles les impriment dans le texte même. Car enfin qu'est-ce que les en-tête des chapitres sinon de véritables commentaires imposant au lecteur certaines interprétations, l’informant que tel Psaume est messia- nique, que tel passage des Prophètes se rapporte à Jésus-Christ, que le Cantique des Cantiques est un cantique d'amour de l'Église

16 LE NOUVEAU TESTAMENT

pour Christ, que le printemps et l’amour y sont le symbole de l’espé- rance chrétienne, que Christ y décrit les beautés de l'Église, ete., etc. Ainsi les sociétés bibliques observent l’article de leur règlement il serait bon de ne pas l’observer, et elles le violent 1] est déplorable de le violer!

Nous nous sommes généralement abstenu de tout commentaire subjectif. Nos notes et préfaces n’exposent point les diverses opi- nions de la science contemporaine sur les différents livres du Nou- veau Testament. Nous avons écarté autant que possible toute question critique non encore résolue et dont la solution provoque des débats contradictoires, et nous nous sommes borné le plus souvent à recueillir et à exposer ce qui est incontestable et incon- testé dans les travaux des théologiens de nos jours. On ne trouvera donc pas dans ce livre de discussions sur l’authenticité de tel évangile ou de telle épître; mais il est certains résultats de la cri- tique qui sont absolument avérés; ceux-là nous les signalons à nos lecteurs. Il n’est plus permis aux laïques éclairés de nos Églises de croire que l'Évangile selon saint Matthieu a été écrit tel quel par l’apôtre de ce nom, que l'Épître aux Hébreux est de saint Paul, que l’Apocalypse est nécessairement du même auteur que le quatrième Évangile et que la deuxième Épître de Pierre est au- thentique. Ce sont des questions de fait sur lesquelles il serait contraire à la vérité de garder plus longtemps le silence.

Nous avons supprimé toute division du texte, tous sommaires de chapitres et autres coupures pratiquées d'ordinaire dans les Nou- veaux Testaments modernes. Nous avons toujours trouvé ces divi- sions inutiles et même fâcheuses. Peu de personnes les lisent, et nous n'avons jamais remarqué qu’elles contribuassent à l’intelli- gence des livres saints. Nous nous sommes seulement permis de nombreux alinéas, et il n’y en a pas trace dans les manuscrits. Nous avons beaucoup multiplié ces alinéas surtout dans les Évan- giles, Le texte en est rendu plus clair et plus facile à lire. Mais si nous n'avons pas introduit de sommaires dans le texte, nous les avons remplacés par les préfaces et les notes. Les unes et les autres sont très brèves et réduites à l'indispensable. Il est évident d’ail- leurs que si notre traduction était adoptée pour l'usage ecclésias- tique, nous ferions, pour cette édition populaire, le sacrifice des

préfaces et de toutes les notes qui ne sont pas rigoureusement

INTRODUCTION 17

nécessaires. Nous supprimerions les remarques purement philolo- giques et les variantes de texte ou d’interprétation quand elles sont insignifiantes, et nous ne les avons relevées dans ce premier travail que dans le désir d’être complet.

Nous demandons à Dieu, en terminant, de bénir cette publica- tion. Qu'elle serve à faire mieux connaître le Saint Livre et à le faire mieux aimer. Si cette version y contribuait en quelque me- sure, nous ne regretterions certes pas les longues années de travail qu’elle nous coûté. Le but que nous nous sommes proposé en l’entreprenant serait pleinement atteint.

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APPENDICE L'INTRODUCTION

LISTE DES MANUSCRITS GRECS DU NOUVEAU TESTAMENT EN LETTRES ONCIALES ET DES MANUSCRITS DES ANCIENNES VERSIONS

Nous publions, pour les personnes qui voudraient étudier de plus près la question si intéressante de la reconstruction approxi- mative du texte du Nouveau Testament, la liste des manuscrits en lettres onciales, dont aucun n’est postérieur au dixième siècle. Nous rangeons ces manuscrits en quatre catégories: ceux des Évangiles, ceux des Actes et des Épîtres catholiques, ceux des Épîtres de Paul et de l’Épître aux Hébreux et enfin ceux de l’Apocalypse. |

La première colonne intitulée : Désignation, porte des lettres de l'alphabet (françaises ou grecques et l’une hébraïque). Ces lettres servent dans les éditions critiques à nommer les manuscrits. Ce sont des signes convenus entre savants; ils remplacent le nom du Codex, parce qu’il serait trop long de toujours le transcrire. La seconde colonne porte le nom véritable du manuscrit avec la date approximative de sa rédaction. La troisième intitulée: Texte, indique si le manuscrit est de la famille alexandrine ou de la famille byzantine ou si, au contraire, il a une origine occidentale et est gréco-latin. La quatrième colonne est celle du, Contenu, la cinquième celle du Dépôt et la sixième indique si le Codex a été publié, par qui et en quelle année.

Manuscrits des Évangiles en lettres onciales.

DÉSIGNATION

Voir Actes,

Ep. cath.,

Ep. de Paul et Apoc.

“ἃς Voir Actes, Ep. cath., Ep. de Paul

et Apoc.

B

| Voir Actes, Ep. cath., et Ep. de Paul,

| C

| Voir Actes, Ep. cath.,

| Ep. de Paul et Apoc.

D | Voir Actes.

NOMS ET DATES

Codex Sinaïticus IVe siècle.

Codex Alexandrinus Ve siècle.

Codex Vaticanus IVe siècle.

Codex d'Epbhrem Ve siècle.

Codex Bezæ ou Cantabrigiensis VIe siècle.

Codex Basiliensis

Alexandrin.

Alexandrin.

Alexandrin.

Alexandrin,

Græco-latin (origine occid.)

E Ville siècle. Byzantin. _ Codex Boreeli AUTRE FE ΓΑ an Te CE0TE Byzantin.

| Voir Actes,

Codex Coislin Ve ou VIP siècle,

Alexandrin.

—————————————— À —…—— ———— À —————…—…”…”…— | ————————"—”"— ——————— | ———————————

CONTENU DÉPOT : Saint- Tout. Pétersbourg. Les trois-quarts. Manquent : ἔν. de Matth. I ES à XXV et ἕν. del Londres. Jean VI: 50 à VIT : 52. Tout. Rome. Fragments. (37 chapitres Re manquent) ir

(Palimpseste).

Tout. Cambridge.

Tout sauf Év. de Luc. II, 4-15 Bâle. et XXIV, 47-53.

Fragments. Utrecht,

9 versets. Paris.

et Ep. de Paul.

Codex Harleien ou Wolflii A. Xe siècle,

Codex Wolflii B. IXe siècle,

Byzantin,

Fragments, Londres.

Byzantin.

Fragments, Hambourg.

PUBLIÉ PAR

Tischendorf (1862).

Woide (1786). Cowper (1861).

Maï et Vercel- lone (1857). 2e édit. (1868).

Tischendorf (1843).

Kipling (1793). Scrivener (1864).

Tischendorf. | (1846).

Fragments. Wolff (1723). |

Fragments.

Wolf (1793). |

APPENDICE A L'INTRODUCTION

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES

Tischendorfian. I]

1 Débris de Voir Actes. 7 manuscrits du Veau VIIe siècle.

IP

Codex Cyprius IXe siècle.

Codex Regius VIII siècle.

Campianus Fin dulXe siècle.

Purpureus Fin du VIe siècle,

16e vol. Musei Ib dans Britannici. la 8e édit. de | IVe ou Ve siècle. Tischendorf.

Quelques feuilles du IX: siècle.

VIITe ou IXe siècle. IXe siècle.

VIe siècle.

VIe siècle.

IXe siècle.

TEXTE CONTENU

Fragments de 190 versets (Palimpseste).

Alexandrin.

Le même que Nb (Voir plus bas).

Byzantin. Tout.

Tout sauf 65 versets. (Fin spéciale pour l'Évangile de Marc).

Alexandrin.

Alexandrin. 97 versets.

16 versets de l'Evangile de saint Jean, (Palimpseste).

16 versets de l'Evangile

Byzantin. de saint Jean.

Le Magnificat

et le Benedictus.

Le Nunc dimittis.

Le Magnificat.

DÉPOT

Saint- Pétersbourg.

Paris.

Londres : 91 v. Vienne : 18v. Rome : ἀϑν.

Total 97v.

Londres.

Moscou.

Wolfenbüttel. Oxford,

Vérone.

Le Magnificat, le Benedictus et

le Nune dimittis.

Le Magnificat, le Benedictus et

le Nunc dimittis.

Saint-Gall.

PUBLIÉ PAR

Tischendorf (1855).

Tischendorf | (1846).

Tischendorf. |

Matthæi (1785). Paul |

de Lagarde

à Berlin (1861).

Tischendorf |! (1855). |

Bianchini (1740).

LE NOUVEAU TESTAMENT

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES TEXTE CONTENU DÉPOT PUBLIÉ PAR

--------------- ----- - 5“. —_______——————…—…"…"— - ———————— -

Le Magnilicat, : re es le Benedictus aint- Of IX siècle. et Pétershourg. le Nune dimittis.

91 fragments

Codex net Knittel (1762). 1 GER Alexandrin. | 486 versets des | Wolfenbüttel. | rischendorf Vie quatre Évangiles. (1860). Se © (Palimpseste).

12 fragments

ue renfermant Kittel (1762). uelpherby- : 235 verset - A ; Q nee Β. Alexandrin. d vannes Wolfenbüttel. Tischendorf Ve siècle. de Luc etde Jean. (1860). (Palimpseste). EF Fragments ou VIII siècle. dette Nantes τῷ vangiles. W (Palimpseste). PRES 916 versets odex Nitriensis Sn de l'Evangile ; R Fin du VIe siècle. Alexandrin. de Luc. Londres. (Palimpseste). Codex S GONE 304. Byzantin. Tout. Rome. année 949. |

Georgi (1789) le fragment de Jean.

Does 177 versets Æ Borgianus 1 Alexandrin, | % SRE © | - Rome. Ve siècle. I

Alford (1859) le fragment et de Jean. de Luc. Tischendorf (1870) le tout.

"LS À 85 versets Autre partie du PARC TE ee ᾿ ou Codex Borgianus| Alexandrin, des ἜΝ ἴα L L Pt LS re Ve siècle de Luc (1870). Tvwoi EU et de Jean. ἊΝ Fragments Saint Tischendorf Er VIe siècle, de l'Évangile ,, Saint- ist rendot TRE RE Pétersbourg. (1870). Fragments r SAN. de l'Evangile Saint- Tischendorf (s e gibcle “Ὁ , Ξὴλ 1} VIe siècle. de Matthieu. | Pétershourg, (1870). 21 versets. Fragments des Evangiles Tischendorf TA VIIe siècle, de Matthieu, 810). Mare et Jean. (ITU), 21 versets,

APPENDICE A L'INTROLDUCTION 23

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES TEXTE CONTENU DÉPOT PUBLIÉ PAR

————————_——— | —————————————————— | ——— | | ———————…— |

ἘΠ Nanianus 1 Byzantin. Tout. Venise. Xe siècle.

à 4 Mosquensis Byzantin. | Presque tout. Moscou. IXe siècle.

23 versets ΞΕ » Wa Codex Reg. | Ajexandrin. | de l'Évangile Paris. | Tischendorf | VIII siècle. ue (1846). 90 versets + | We VIIIe siècle. ane πμῦ Tischendorf.

νὰ [Χ5 siècle. ἐπ re Cambridge. | Scrivener.

Évangile de à Jean IN: 944. | (ON

Monacensis Ξ fin du IX ou Nombreux : Ξ yzanti Pres τας inich. X commencement | Byzantin. fragments. QUE du

Xe siècle. |

ἜΠΟΣ Évangile Tischendorf |

3 arberini , de Jean XVI, 3 ISCHENGOTT |

Y vers le Alexandrin. à XIX, A. Qt (1846). γΠΠ5 siècle. 137 versets.

-- --τττὸ.τὸὃ»᾽ τ---Ἐ-Ἐ-Ἐ-Ἑ-““Ἐ | ———— | ————————————— -.--... ττ-ς-ς-ς- --Ά.ςὸ.- - ------᾽----

290 versets

Codex de l'Evangile |

ΤΆ Dublinensis Alexandrin. de Matthieu Dublin. [Barrett (1801).

Vie siècle. en 22 fragments (Palimpseste).

Oxford. |

Codex Évangile ΕΣ RE Ν x

Γ Tischen- de Luc entier Saint- Tischendorf | dorfianus IV Byzantin. | οἱ 531 versets | Pétersbourg. (1855). 81 des autres |Elles y ont été > vangiles. portées par AE Tischendorf en 1859.

Δ ὕες Tout sauf | même. que ee Évangile de | Saint-Gal. |Rettig (1836). Se mit RAGE) (88e de PAL > IXe siècle. à 35. |

——_—_—_—_——————— |“ ——— | | ———

Codex 40 versets Tischendorf |

Tischen- : Σ ἘΠ ΠΕ ΕΞ (1846) et avec

dorfanus 1 | Alexandrin. τῇ Re ἀν Πρ. suppléments | VIIe siècle. (1851).

24 LE NOUVEAU TESTAMENT

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES TEXTE CONTENU | DÉPOT PUBLIÉ PAR b VIe ou VIIe Fragments de | (©) siècle. Matth. et Marc. ER Fragments de VIS siècle. Matth. et Jean. VIIe ou Fragments d ἧς 5 Θ VII siècle. de Luc, VE siècle. Fragments Saint- Tischendorf

f te Sèc Fragments de © VI siècle. Matth. et Marc.

PEUR Fragments e à Os VIe siècle. de Jean,

b Ne οῃ Χο seche Fragments Θ ou SIÈGE de Matthieu.

de Matthieu, = (1870),

| 14 versets

(1) Le ci des Evangiles Tischendorf ne AE de Matthieu (1846).

et de Luc.

Codex Évangiles A © Tischen= Byzantin, [de Lucetde Jean| Oxford. dorfianus TT, en entier. Codex +5 Zacvnthius 342 versets Londres. Paul _ VIII siècle. de l'Evangile | (Bibliothèque | Lagarde - (peut-être de Luc. | | de la Société | (Berlin, 4861) VIe siècle) (Palimpseste). biblique). Codex ἘΞ ἔν ὙΥῖ | TI Petropolitanus _Tout sau χὰ Saint- | IXe siècle, 11 versets. Pétersbourg. |

Découvert par Gebhardt | Codex Græcus Evangiles EL RARE

x | purpureus de Matthieu (Rae | 2 Rossanensis ee de Marc. (Calabre)

ressemble à N) {Le reste est édité de perdu), ARCS Gieseke

et Devrient Leipzig (1880).

APPENDICE A L'INTRODUCTION

Manuscrits des Actes des Apôtres et des Épitres catholiques

en lettres onciales.

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES

Voir Évang., Ep. de Paul et Apoc.

Sinaïticus IVe siècle.

A Voir Évang., Ep. de Paui

et Apoc.

Codex Alexandrinus Ve siècle.

B Voir Évang. et Ep. de Paul.

Codex Vaticanus IVe siècle.

C

Voir Évang., Ep. de Paul et Apoc.

Codex d'Ephrem Ve siècle.

D Codex Bezæ ou Cantabrigiensis

Voir Évang. VIe siècle

Codex E Laudianus Fin du VIe siècle.

Codex Coislin VIe ou VIIe

Fa Voir Évang. et Ep. de Paul.

VIle siècle.

TEXTE

Alexandrin,

Alexandrin.

Alexandrin.

Alexandrin.

Græco-latin (origme

occidentale).

(Origine

occidentale).

Alexandrin.

CONTENU

Tout.

Tout.

Tout.

Tout sauf la deuxième épitre de Jean et dix chapitres des Actes. (Palimpseste).

Les Actes en entier. Les Epitres

cath. manquent.

La traduction latine de 3e Ep. de Jean 11-15

a seule été conservée,

Les Actes sauf XX VI: 29 à XXVII, 26. Les Epitres

cath. manquent.

5 versets des

Une feuille in-0ctavo renfermant Actes IL, 45 à IL, 8.

Pétershourg.

Londres.

Rome.

Paris.

Cambridge.

Oxford.

Pétershourg.

PUBLIÉ PAR

Tischendorf (1862).

Woïde (1186). Cowper (1861).

Maï et Vercellone | (1857). |

2e édit. (1868).

Tischendorf |

843).

Kipling (1793). Scrivener (1864).

Hearne (1715).

Tischendorf |

LE NOUVEAU TESTAMENT

DÉSIGNATION

I

Voir Évang.

K Voir Épitres de Paul.

(autrefois G) Voir Epitres de Paul.

PF | Voir Épitres de Paul.

ἐς Voir Evang., Actes, Ep. cath. et Apocal.

Voir Évang., Actes, Ep. cath. et Apocal.

| Voir Évang., Actes Οἱ Ep, cath.

Voir Evang., Actes, Ep. cath. et Apoc.

| NOMS ET DATES Ι

ΤΕΧΤΕ

Mutinensis Actes du IX° siècle. (Epîtres du XIIe siècle, en lettres cursives.)

Byzantin.

Codex Tischen- dorfianus II Débris de 7 manuscrits du Ve au VII siècle.

Alexandrin,

Codex Mosquensis

Byzantin. IXe siècle.

Codex Angelicus (Biblioth. Angelicæ)

Fin du IX: siècle,

Byzantin.

Codex. Porphyrianus IXe siècle.

CONTENU

Presque tout.

Fragments : Actes XX VIII : 8-17 Actes IL: 6-17 Act. XXVI: 7-18 Act. XI : 39-46 (Palimpseste).

Les Epitres cath. en entier. Les Actes manquent.

Les Actes depuis VII, 10 jusqu’à la fin.

Epitres cath. en entier.

Tout (Palimpseste).

en lettres onciales.

Codex Sinaïticus

IVe siècle. Alexandrin.

Codex Alexandrinus Ve siècle,

Alexandrin.

Codex Vaticanus

1Ve siècle. Alexandrin.

Codex d'Ephrem,

άλρλτν Alexandrin, Ve siècle, :

Tout.

Tout sauf de Ile Corinth. IV, 13 XI, 6.

Tout sauf la fin de l'Epitre aux Hébreux à partir de IX, 14

et les Pastorales.

Manquent la 2e Epitre aux Thessaloniciens et 42 chap. des autres En. ‘Palimpseste).

DÉPOT

Modène.

Saint-

Pétersbourg.

Moscou.

Pome.

Saint-

Pétershourg.

Saint-

Pétersbourg.

Londres.

Rome,

Paris.

PUBLIÉ PAR

Tischendorf (1855).

Tischendorf,

RE TRE PERTE TE EL EE EEE TEE EE RE ET ER TEE EE TPE LME PISE PEN

Manuscrits des Épîtres de saint Paul et de l’Épître aux Hébreux

Tischendorf (1862).

Woide (1786). Cowper (1861).

| | | Ι |

Maï et Vercellone

(1857).

2e édit, (1868).

Tischendorf (1843).

tel

ED, 7 7.

APPENDICE A L’INTRODUCTION Def

DÉSIGNATION | NOMS ET DATES TEXTE CONTENU DÉPOT PUBLIÉ PAR |

. Tout sauf Græco-latin. |Ep. aux Romains Claromontanus | (Alexandrie [1:1 à Tet 27-30. VIe siècle. 1 pourorigine). [et I Corinth. XIV, 13 à 22.

Tischendorf

Codex ἥν 2. Sangermanensis | Byzantin. PRE D 6 à e D).

Xe siècle. Pétersbourg.

ὧδ Ἐπ Codex Coislin Tischendorf Voir Evang., | Vie ou VIIe Alexandrin. 10 versets. (1846).

Actes siècle. 5 et Ep. cath.

Scrivener

LRESIRE Alexandrin. | Presque tout. | Cambridge. (1859)

IX siècle.

Boernerianus | Græco-latin. liege TN Fin du IX siècle. (1791).

9 feuilles 5 ' 12 ue Montfaucon | 14 feuilles Rd dans la | Alexandrin. (en tout. 2 feuilles 1. pipliotheca 56 versets). à Saint- Coisliniana. | Pétershourg. “|

Codex Coislin VIe siècle.

Codex Tischen- dorfian. 1] VIe siècle.

Ξ ἧς AIR mais manuscrit ᾿ Mosquensis Byzantin. Dre Moscou.

Voir Actes es Χο siècle. en trois endroits.

οἱ Ep. cath.

2 LE Codex Angelicus Bat Tout jusqu'à : Voir Actes |FindulXesiècle.| PYÆNUR. Hébreux ΧΠῚ,10. ‘0m: et Ep. cath.

Hébreux E, 1 | Codex Ruber à IV, 3 Tischendorf | Xe siècle. et XI!, 20 (1855). à XII, 25.

Douze versets Fragmenta des Hébreux X : Mosquensia aa Moscou. VIe siècle, 99 91 et 35 à 38.

P S Codex + Voir Actes, 1 Porphyrianus Τοῦῖ Sant Ep. cath. IXe siècle. (Palimpseste). | Pétersbourg. et Apocal.

Tischendorf. |

LE NOUVEAU TESTAMENT

Manuscrits de l’Apocalypse en lettres onciales.

|| DÉSIGNATION | NOMS ET DATES TEXTE CONTENU DÉPOT PUBLIÉ PAR | | N | Voir Évang., Codex Sinaïticus à Saint- Tischendorf | Τὰ IVe siècle. Alexandrin. Tout. Pétersbourg. (186). | et Ép. de Paul. A | || Voir Évang., Codex Woiïde (1786). Ϊ Actes, Alexandrinus | Alexandrin. Tout. Londres. Cowper | Ep. cath. Ve siècle. (1861). et Ep. de Paul. Tischendorf Codex Vaticanus (1846). 12; Fin. Byzantin. Tout. Rome. Mai (1858). | du VIILe siècle. Tischendorf | (1869). C Tout sauf Voir Evang., [Codex d'Ephrem z 8 chapitres Ξ Tischendorf, _ Actes, Ve siècle Alexandrin. entièrement Paris. (1843) Ep. cath. perdus ς : let Ep. de Paul. (Palinpseste). | ἊΣ P Codex Tout Saint- τὰ πον Voir Actes, | Porphyrianus το τ έαν | Pétersboure. | TSCIEROONE) Ep. cath. IXe Siècle (Palimpseste). | :6rS20S: let Ép. de Paul. 1

Telle est la liste des manuscrits en lettres onciales qui sont

connus. Nous disons connus, car les bibliothèques des nombreux

couvents

de l'Orient renferment certainement bien des trésors

encore inexplorés. Le lecteur aura remarqué que le dernier ma-

nuscrit des Evangiles n’a été découvert qu’en 1880. Ce n’est

d’ailleurs qu'en 1859 que Tischendorf a trouvé son précieux Sinaï-

ticus. Qui sait si un jour, bientôt peut-être, la Bibliothèque du

Phanar à Constantinople ou celle de quelque monastère grec ne

nous donnera pas un manuscrit plus ancien encore que tous ceux

que nous connaissons ?

APPENDICE A L'INTRODUCTION 29

LES MANUSCRITS DES ANCIENNES VERSIONS

Voici, après les manuscrits grecs, la liste des manuscrits des plus anciennes traductions en langue latine et syriaque dont nous avons dit plus haut l’importance en parlant de la reconstruction du texte :

Anciennes versions latines.

Quelques-uns des livres du Nouveau Testament furent traduits de très-bonne heure en latin. On donne le nom d’Zfala ou de Vetus Itala à celle de ces versions qui l’emporta sur les autres et qui était généralement en usage au quatrième siècle avant l’appa- rition de la révision de saint Jérôme. Le sens du mot Jfala, qui

est employé par saint Augustin, est d’ailleurs inconnu.

NOMS ET DATES

L’Itala, version latine, d'origine afri- caine, faite au plus tard au milieu du second siècle.

Manuscrits des Évangiles :

a. Vercellensis (IVe siècle) se trouve à Vercelli.

b. Veronensis (IVe ou Ve), à Vérone.

e. Manuscrit de Colbert, à Paris.

d. Manuscrit de Th. de Bèze (VI-), à Cambridge.

e. Palatinus (IVe et Ve), à Vienne.

f. Brixianus (VIe), à Brescia.

ff: et ff? codd. Corbeienses (autrefois à Corbeil en Picardie, très anciens).

g1 et g? Sangermanensis (comme E des Ep. de Paul, très ancien).

h. Claromontanus (IVe ou Ve), à Rome.

i. Vindobonensis (Ve ou VI-), à Vienne.

7. Sarzamensis (Ve) (découv. en 1872).

k. Bobbiensis (IVe ou Ve).

L. Rhedigerianus (VII*), à Breslau.

m. Extraits de Maï (1843) (VI+ ou VIe).

1. Sangallensis (IVe ou Ve), à St-Gall.

. p. Autres fragments à St-Gall (115)

Monacensis, à Munich (VI:).

. Mediolanus, à Milan (Ve ou VI:).

. Le latin de A (v. manuscrits grecs)

=

O2 RQ ©

CONTENU

Tous les manuscrits renferment les Evangiles.

Les Actes des Apôtres sont dans d, m, e (ce dernier est la version latine des Actes de E).

Les Epîtres catholiques sont dans ff et m des Evangiles.

Les Epiîtres de Paul sont dans des Evangiles, dans d. e, 7, g de D,E, F, G, décrits dans notre liste des manuscrits grecs et dans

gue. Cod. Guelpherbytanus (VIe) trouvé à Wolfenbüttel, et

r. Frisingensis (Ve ou 15), à Munich.

| L’Apocalyvpse se trouve dans un seul

manuscrit : m des Evangiles.

La seconde EÉpitre de Pierre et l’Epitre de Jude ne se trouvent dans aucun des manuscrits de l’Ztala.

30 LE NOUVEAU TESTAMENT

En tout 32 manuscrits (40 en comptant la même copie plus d’une fois).

Avec les extraits des Pères, ces manuscrits sont tout ce qui nous a été conservé des versions latines antérieures à saint Jérôme.

a, b, c et à sont les plus anciens et sont écrits dans le vieux latin africain primitif. Leur accord avec D et avec la Syriaque de Cureton est remarquable. On suppose que f et les autres manus- crits sont écrits dans le vieil africain, corrigé dans le nord de l'Italie, et que ce sont eux qui constituent l’Itala de saint Augustin. Tischendorf estimait beaucoup 1; et g. D'ailleurs les questions rela- tives à l’autorité des divers manuscrits de l’Itala ont été jusqu'ici imparfaitement étudiées.

Anciennes versions syriaques.

NOMS ET DATES ÉDITIONS CONTENU La Peschito. Trèssouvent publiée: Le Nouveau Testament

pour la première fois | en entier sauf la 2e Epitre

Traduction en syriaque RS ν en 1555; pour la der- | de Pierre, la 2e et la 3e de

de la fin du second siècle.

nière en 1829. Jean, l’Épitre de Jude et Très grand nombre de l’Apocalvpse. : manuscrits. Manquent également :

ἕν. de Jean VII, 53 à VIN, 11. Évang. de Matthieu XXVII, 35. Actes VIII, 37 ; XV, 34; XXNIIT, 29, Are Épître de Jean V, 7.

La Syriaque de Gureton. Imprimée en 1848. Fragments : Évang. de : Me Rééditée en 1858 avec | Matth. 1, 4 à VIII, 22: Un seul manuscrit du | : ÿ RTL PEU SE k

ICS ᾿ | . | traduction anglaise lit- | X, 32 à XXIII, 95. Ev. de

Ve siècle découvert pau ral M ΧΥΙ 17 #: ἌΜΕ

“ει. 3 κ᾿ 2e o ὌὋ . = . L . τὶ

Cureton est au British | érale rc Mon ox dise

Jean 1, 1 à 42; 111, 6 à VII, 37; XIV, 108192: 46 à 18: 19 à 23 et 26 à 29. Év. de Luc II, 48 à III, 16; VII, 33 à XV, 21; XVII, à XXIV, 44. |

En tout 1786 versets.

Museum à Londres.

Date inconnue; semble sensiblement postérieure à la Peschito.

APPENDICE A L'INTRODUCTION PS |

NOMS ET DATES

La Philoxénienne.

Traduction syriaque ab- solument servile et dont la Peschito est la base, faite en 508 aprés J.-C., dit-elle elle-même, pour Philoxénos évêque de Hié- rapolis (488 à 518).

Plusieurs manuscrits.

La Syriaque de Jérusalem.

(Ve ou VIe siècle). Un seul manuscrit connu (Va- tican). 11] est daté de 1030 après J.-C.

Le nom de cette version vient de ce que sa langue rappelle celle du Talmud de Jérusalem.

La Syriaque Karkaphen- sienne.

Version en usage chez.

les syriaques de Karkuf, ville de la Mésopotamie ; étroit rapport avec la Peschito. Un manuscrit au Vatican daté de 980 après J.-C.

ÉDITIONS

Publiée: les Évan- siles en 1788; les Actes et les Épîtres catholi- ques en 1799; les Épi- tres de Paul en 1808.

Publiée en 1861-1864, à Vérone.

CONTENU

Tout le Nouveau Testa- ment sauf l'Apocalypse.

Lectionnaire c'est-à-dire Évangiles du dimanche et de la semaine pour les huit semaines après Pâques et ceux du samedi et du di- manche pour le reste de année. Les lectures de la semaine sainte etles Évan- giles de la résurrection.

Le Nouveau Testament dans l’ordre suivant :

Actes des Apôtres, Épi- tre de Jacques, 116 Ép. de Pierre, re de Jean, 14 Épîtres de Paul. Les Évan- giles.

Le reste manque.

Les critiques consultent aussi les plus anciens manuscrits de la Vulgate latine, traduction ou révision faite par saint Jérôme sur la demande du pape Damase à la fin du quatrième siècle.

Les plus importants parmi ces manuscrits sont : am. Codex amiatinus Florence) (541). fuld. Codex fuldensis (abbaye de Fulda dans la Hesse-Cassel) (546). tol. Codex toletanus Tolède) (vm° siècle).

for. Codex forojuliensis Friuli) (στὸ siècle).

+2 LE NOUVEAU TESTAMENT

per. Fragments de l’Evangile de Luc Pérouse). harl. Codex harlejen (vu° siècle).

Il faut noter encore les versions en langue copte. On appelle de ce nom, dont l’origine est incertaine, la langue parlée par les chrétiens égyptiens des premiers siècles.

Il y avait trois dialectes coptes :

le Sahidique ou Thébaïque ;

20 le Bahirique ou Memphitique ;

le Bashmurique.

Des traductions de livres du Nouveau Testament en Thébaïque et en Memphitique furent faites de bonne heure, peut-être avant la fin du second siècle. ᾿

Voici la liste des manuscrits de la version memphitique :

Manuscrits des Évangiles.

5 à la Bibliothèque Bodléienne à Oxford. D au British Museum à Londres et des fragments.

ni

à la Bibliothèque de la Société biblique à Londres. 1 à la Bibliothèque du comte de Crawford.

2 à celle de Lord Zouche à Parham en Écosse.

8 à la Bibliothèque nationale à Paris.

2 à la Bibliothèque publique de Berlin.

«

4 à celle du Vatican.

Manuscrits des Actes, des Épitres catholiques et des Epiîtres de Paul.

à la Bibliothèque Bodléienne Oxford.

.,» »-

1 au British Museum à Londres,

9 à la Bibliothèque de Lord Zouche à Parham en Écosse. > à la Bibliothèque nationale à Paris.

3 à la Bibliothèque publique de Berlin.

3 à celle du Vatican.

APPENDICE A L'INTRODUCTION 33

Manuscrits de l’Apocalypse.

1 à la Bibliothèque Bodléienne à Oxford. 1 à la Bibliothèque du comte de Crawford.

2 à celle de Lord Zouche à Parham en Écosse.

2 à la Bibliothèque nationale à Paris.

4 à Rome (dans diverses bibliothèques).

Le texte de cette version memphitique a une très grande impor- tance critique.

La version thébaïque et surtout la version bashmurhique ont moins d'importance ; celle-ci fut faite à la fin du troisième ou au commencement du quatrième siècle et n’est qu'une adaptation de la thébaïque.

Il nous reste à signaler :

I. La version gothique faite par Ulphilas (318-388) dont nous

avons trois manuscrits :

le Codex Argenteus Upsal) contenant des fragments des Évangiles dans l’ordre suivant : Matthieu, Jean, Luc, Marc (188 feuilles). I1 date du cinquième ou sixième siècle et à été publié en 13854.

Le Codex Carolinus (le même que P et Q, le Guelpherbytanus). Il renferme 40 versets de l'Épître aux Romains (publié en 1762).

des fragments (palimpseste) de 5 manuscrits qui sont à la Bibliothèque ambroisienne à Milan, publiés en 1819. Ce sont des passages des Évangiles et des Épîtres de Paul.

En 1843, nouvelle édition complète (Leipzig).

II. La version arménienne (V° siècle). Elle n’a point de valeur critique, parce que ses manuscrits sont modernes et ont été révisés en 1224-1270 (date de la soumission de l’Église arménienne à Rome) sur la Vulgate latine.

Elle été publiée en 1666.

Le Nouveau Testament a été réédité en 1789.

La Bible entière en 1805.

On en publié aussi une belle édition à Venise en 1816.

34 LE NOUVEAU TESTAMENT

III. La version éthiopienne (qui date au plus tôt du quatrième siècle, au plus tard du sixième ou septième siècle).

Nous n’en possédons pas de manuscrits antérieurs au quinzième siècle.

L’Ancien Testament en été traduit sur les Septante; le Nou- veau sur le grec, mais par un homme qui n’en avait qu’une con- naissance imparfaite.

Les Psaumes ont été imprimés à Rome en 1513; le Nouveau Testament également à Rome en 1549. II se trouve aussi dans la Polyglotte de Walton (mais le texte qu’elle en donne est fautif) et dans la Polyglotte de Brunswick (1753).

Enfin la Société biblique de Londres a publié le Nouveau Testa- ment éthiopien (1826-1850).

IV. La version géorgienne ou ibérienne qui est du sixième siècle. Elle a été publiée à Moscou en 1743. Des fragments en ont été publiés à Berlin en 1844 et à Saint-Pétersbourg 1816-1818.

V. La version slave qui est de la fin du neuvième siècle. Elle a été faite par Cyrille et Méthodius et apportée en Russie en 980. Le plus ancien manuscrit complet, renfermant toute la Bible, est de 1499. On l’a imprimée pour la première fois en 1581.

VI. Les versions anglo-saxonnes du Nouveau Testament et d’une partie de l’Ancien, faites du huitième au onzième siècle. Nous disons les versions, car plusieurs traducteurs y ont travaillé.

Elles ont été publiées par Mill et Marshall en 1665 (en parallèle avec la gothique).

Une autre édition moins bonne a paru à Londres en 1842.

VII. Une version franque de saint Matthieu : Un manuscrit du neuvième siècle est à la Bibliothèque de Saint- Gall. Elle a été publiée en 1827 par Schmeller.

Elle été probablement faite sur le latin.

VIII. Deux versions perses des Evangiles. Elles n'existent qu'imprimées. La première est dans la Poly- glotte de Walton avec une traduction latine de Samuel Clarke.

APPENDICE A L'INTRODUCTION 3)

Faite probablement sur la Peschito, elle peut servir à en cor- riger le texte.

La deuxième a été faite sur le grec vers le quatorzième siècle. Sa publication commencée en 1652 à Cambridge a été achevée en

1657 à Londres.

IX. De nombreuses versions arabes.

En 719, Jean, évêque de Séville, traduisit la Bible en arabe. Tischendorf a rapporté d'Orient plusieurs manuscrits de versions arabes.

Le Nouveau Testament été traduit en entier en 1272 (988 de l'ère des martyrs) et imprimé à Leyde en 1616. Cette version est excellente, mais a été révisée sur l'Égyptienne. Le Nouveau Testament se trouve dans la Polyglotte de Paris (1657) et a paru à Rome avec la Peschito en 1703. La dernière édition en paru à Londres en 1727 par les soins de la Société pour la propa- gation du christianisme.

Ecrivains ecclésiastiques des premiers siècles qui citent les livres du Nouveau Testament dans leurs écrits ow qui font allusion à leurs auteurs et que nous nommons dans nos préfaces.

Témoignages de la première moitié du second siècle : Papias.

Du milieu du second siècle : Polycarpe, Justin martyr, Hege- sippe, Hermas.

. De la fin du second siècle : Irénée, Clément d'Alexandrie, Ter-

tullien.

De la première moitié du troisième siècle: Hippolyte, Origène. Du milieu du troisième siècle : Cyprien.

De la fin du troisième siècle: Méthodius.

Du commencement du quatrième siècle: Eusèbe de Césarée, Athanase.

Du milieu du quatrième siècle : Basile le grand, Cyrille, Hilaire de Poitiers.

De la fin du quatrième siècle : Jérôme, Épiphane, Ambroise de Milan, Chrysostome, Augustin.

PÉVANCGILE

SELON

SAINT MATTHIEU

PRÉFACE

Les quatre Évangiles portent dans tous les anciens manuscrits ces titres : selon Matthieu, selon Marc, selon Luc, selon Jean. Aujour- d’hui cette manière de parler, signifierait : Évangile écrit d’après l’enseignement de Matthieu, de Marc, de Luc ou de Jean, et n'impliquerait pas nécessairement que les Évangiles ont été com- posés par ces écrivains; mais, dans le cas particulier qui nous occupe, ce serait une erreur que de donner un tel sens au mot : selon. L'Église primitive en le choisissant, entendait dire que l'Évangile, quel que soit l’homme qui le raconte; est toujours l'Évangile de Jésus-Christ. C’est Jésus-Christ qui nous donné l'Évangile : c’est Jésus-Christ seul qui en est l’auteur. Mais il ne l’a pas écrit lui-même ; ses disciples ont rédigé son Évangile et l'expression selôn Matthieu, Marc, Luc ou Jean signifie bien que ce sont Matthieu, Marc, Luc et Jean qui ont mis par écrit l'Évangile de Jésus-Christ.

Ces quatre Évangiles n’ont jamais été contestés dans l'Église pri- mitive. Les trois premiers racontant souvent les mêmes faits, sont appelés Évangiles synoptiques, et il ne nous reste en réalité sur la vie de Jésus-Christ que deux sortes de documents ; le premier

38 LE NOUVEAU TESTAMENT

formé par les trois premiers Évangiles, le second par le quatrième. Ce sont deux types d'informations fort différents et qu'il faut soi- gneusement distinguer. Nous n’en avons pas d’autres; nous ne pouvons ajouter aucune foi aux Évangiles dits apocryphes. Ils sont tous de composition tardive et n’ont jamais mérité aucun crédit. Quant aux autres Évangiles authentiques auxquels Luc fait allu- sion aux premières lignes de son récit (ἔν. de Luc 1, 1) et qui ont été nombreux, ils ont été perdus.

Le premier des quatre que nous possédons porte le nom de Matthieu, un des douze apôtres de Jésus-Christ. Et, en effet, l’antiquité chrétienne tout entière a considéré cet apôtre comme l’auteur du premier Évangile. Une telle opinion, exprimée sous cette forme, est une erreur. Ce n’est pas l’apôtre Matthieu qui a écrit notre premier Évangile. L’apôtre Matthieu avait écrit en hébreu un recueil des discours de Jésus-Christ. Ce fait nous est formelle- ment attesté par Papias, un des plus anciens écrivains chrétiens, qui vivait dans la première moitié du second siècle. Ce Papias, dans un ouvrage malheureusement perdu, mais dont Eusèbe, dans son Histoire ecclésiastique, cite quelques fragments, s’exprimait ainsi: Matthieu avait réuni et ordonné les discours du Seigneur en langue hébraïque et chacun les traduisait comme il pouvait. On prétendu quelquefois que notre Évangile ne serait autre qu’une traduction en grec de l’œuvre de Matthieu. Mais 1] est de toute évidence que le premier livre du Nouveau Testament est un écrit original. Il a des particularités de style qui excluent formellement toute idée de traduction et la manière dont l’Ancien Testament y est cité le démontre aussi sans réplique. De plus, notre premier Évangile est, comme ceux de Marc et de Luc, un écrit ne portant aucune trace de la rédaction d’un apôtre témoin oculaire des faits qu’il raconte. Enfin ce livre est anonyme et son auteur ne se donne nulle part pour l’apôtre Matthieu. Aujourd’hui les critiques sont unanimes à considérer notre premier Évangile comme un ouvrage pour la rédaction duquel son auteur a eu diverses sources à sa disposition et avant tout le recueil des discours de Jésus-Christ rédigé en hébreu par l’apôtre Matthieu. Ce recueil, reproduit par notre auteur dans son Évangile, est donc parvenu jusqu’à nous et c’est à bon droit que nous continuons d'écrire le nom de Matthieu en tête du premier des livres du Nouveau Testament.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU PRÉFACE 39

Le but du rédacteur est de démontrer aux Juifs que Jésus est le Christ. De ses allusions fréquentes aux antiques prophéties. Il écrivit son livre peu de temps avant la catastrophe de l’an 70, et en Palestine. Il n’y a aucune témérité à préciser davantage et à dire que l’ouvrage fut composé à Pella, sur la rive gauche du Jourdain, les chrétiens s'étaient réfugiés pendant la guerre juive qui éclata en 66.

L'auteur de l'Évangile selon Saint Matthieu ne raconte pas les faits dans un ordre rigoureusement chronologique. Nous divisons son écrit en quatre grandes parties. La première raconte les faits qui ont précédé le ministère de Jésus-Christ (1 : 1 à 4: 12). Après avoir donné la généalogie des ancêtres du Christ à partir d’Abra- ham (1 : 1 à 18), il raconte sa naissance et son enfance, (1 : 18 à ch. 3); puis le ministère de Jean-Baptiste (3 : 1 à 13); le baptême et la tentation (3 : 13 à 4 : 12).

Dans la seconde et dans la troisième partie, l’auteur expose le ministère de Jésus-Christ, d’abord en Galilée et hors de Palestine, ensuite en Judée et à Jérusalem. Cette division se retrouve iden- tique, dans les deux autres synoptiques.

La seconde partie (ministère de Jésus-Christ en Galilée et hors de Palestine), s’étend de 4 : 12 au ch. 19. Elle s’ouvre par le récit de l’établissement de Jésus à Capharnaüm, la vocation des premiers disciples et le sermon sur la montagne (4 : 12 à ch. 8). Viennent ensuite, sans aucun ordre chronologique, des récits de miracles et des entretiens avec les Pharisiens (ch. 8 à ch. 9 : 35), l’envoi des douze en mission (9 : 35 à 11 : 2), l'opposition des incrédules et des adversaires (11 : 2 à ch. 13) une série de paraboles sur le Royaume de Dieu (ch. 13 : 1 à 53), de nouvelles manifestations hostiles et quelques récits de miracles (18 : 53 à 16 : 13); l’afür- mation solennelle de la messianité de Jésus et des devoirs de ses

disciples (16 : 13 à ch. 19).

La troisième partie (ministère de Jésus-Christ en Judée et à Jérusalem) commence au chapitre 19 et se termine au chapitre 26. Elle s'ouvre par des entretiens de Jésus sur divers sujets (ch. 19 et 20). L'auteur nous rapporte ensuite l'arrivée à Jérusalem

40 LE NOUVEAU TESTAMENT

(ch. 21 : 1 à 23), les discussions dans le Temple (ch. 21 : 23 à ch. 24) ; le discours sur la ruine de Jérusalem et sur la fin du monde et les paraboles sur le jugement dernier (ch. 24 et 25).

La quatrième partie raconte la Passion et la Résurrection. Elle commence avec le chapitre 26 et s'achève avec l'Évangile. Le repas de la Pâque nous est rapporté tout d’abord (ch. 26 : 1 à 30) ; puis l’arrestation, le jugement et la crucifixion (26 : 50 à ch. 28), et enfin le chapitre 28 renferme le récit de la résurrection.

L'ÉVANGILE

SELON

SAINT MATTHIEU

TABL

1 Littéralemen 2 Ou : Hesrôm 3 Ou : Boos.

E GÉNÉALOGIQUE DE JÉSUS-CHRIST 1, FILS DE DAVID, FILS D’'ABRAHAM

Abraham engendra Isaac;

Isaac engendra Jacob;

Jacob engendra Juda et ses frères ;

Juda engendra Pharès et Zara qu'il eut de Thamar ;

Pharès engendra Esrôm ? ;

Esrôm ? engendra Aram ;

Aram engendra Aminadab ;

Aminadab engendra Naasson ;

Naasson engendra Salmon ;

Salmon engendra Boës, qu'il eut de Rachab;

Βοὸ engendra Jobed, qu'il eut de Ruth;

Jobed engendra Jessaï ;

Jessaï engendra David, le roi;

t: Livre de génération de Jésus-Christ.

4, 1

19

σι

10

11

13

14

16

DS

19

1 Ou : Achas. 2 Ou : Hézéchias.

LE NOUVEAU TESTAMENT

David engendra Salomon, qu’il eut de la femme d'Urie;

Salomon engendra Roboam ;

Roboam engendra Abia;

Abia engendra Asaph;

Asaph engendra Josaphat ;

Josaphat engendra Joram ;

Joram engendra Ozeia ;

Ozeia engendra Joatham ;

Joatham engendra Achazt;

Achaz 1 engendra Ezéchias ? ;

Ezéchias ? engendra Manassé;

Manassé engendra Amon;

Amon engendra Josias;

Josias engendra Jéchonias et ses frères (c'était au temps de la déportation à Babylone).

Après la déportation à Babylone :

Jéchonias engendra Salathiel ;

Salathiel engendra Zorobabel ;

Zorobabel engendra Abioud ;

Abioud engendra Eliakeïm ;

Eliakeïim engendra Azôr ;

Azôr engendra Sadok ;

Sadok engendra Acheïm ;

Acheïm engendra Elioud ;

Elioud engendra Eléazar ;

Eléazar engendra Matthan ;

Matthan engendra Jacob;

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est Jésus, dit le Christ.

PT OO TS 0 OUT

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 43

En tout donc, d'Abraham jusqu’à David : quatorze générations. De David jusqu’à la déportation à Babylone : quatorze généra- tions. De la déportation à Babylone jusqu'au Christ: quatorze générations.

Voici comment Jésus-Christi vint au monde? : Marie”, sa mère, après avoir été fiancée à Joseph et avant qu'ils eussent vécu ensemble, se trouva enceinte par l'Esprit saint.

Or Joseph, son mari, était un juste“. Ne voulant pas lui faire affront, il résolut de rompre avec elle sans bruitÿ.

Comme il était en cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: « Joseph, fils de David, n'hésite pas à rece- voir chez toi, ta femme, Marie, car ce qu'elle conçu est de l'Esprit saint. Elle mettra un fils au monde et tu lui donneras le nom de Jésus; c’est lui, en effet, qui sauvera 5 son peuple de ses péchés. » (Or tout cela arriva afin que fût accompli ce que le Sei- gneur avait dit par le prophète en ces mots :

« Voici la vierge sera enceinte; elle mettra un fils au monde; Et on lui donnera le nom d'Emmanuel?7» ce qui signifie : Dieu avec nous.) Joseph, à son réveil, agit d’après les ordres de l'ange du

1 Quelques anciennes autorités omettent le mot Jésus. Sur le sens du mot Christ, voir note sur Jean 1, 41.

2 On peut, d’après une autre ponctuation, faire de cette phrase la conclusion de ce qui précède et traduire alors après le mot générations : Telle fut donc la généalogie (ou : la génération) de Jésus-Ghrist, puis commencer ainsi le para- graphe suivant: Marie, sa mère, etc.

3 Ce nom devrait s’orthographier Maria, Mariam ou Marian. Nous avons adopté l’orthographe usuelle.

4 Un juste. Ce mot signifie en français moderne: Un honnête homme.

5 Chez les Juifs de ce temps-là, la rupture des fiançailles était considérée comme un véritable divorce. On vient de voir que le fiancé s'appelait déjà le mari.

6 Jésus est un mot hébreu (Jeshoua) qui signifie sauveur. De cette remarque: C’est lui, en effet, qui. etc.

7 Ésaïe 7, 14.

47, 1

18

19

19 ε9

ἘΘ

10 11

Lily LE NOUVEAU TESTAMENT

Seigneur : 1l reçut sa femme chez lui; et il ne la connut point avant qu'elle eût mis au monde un fils auquel il donna le nom de Jésus.

Jésus étant à Bethléem, dans la Judée, aux jours du roi Hérode!, des mages arrivèrent d'Orient à Jérusalem. «Où est, demandèrent-ils, le nouveau-né, roi des Juifs? Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus pour l’adorer. »

En entendant de telles paroles, le roi Hérode fut troublé et, avec lui, toute la ville de Jérusalem; il convoqua tous les chefs des prêtres et scribes du peuple et s’informa d’eux devait naïtre le Christ. Ils lui répondirent : «A Bethléem dans la Judée. » (Voici, en effet, ce qui a été écrit par le prophète :

«Et toi, Bethléem, terre de Juda, [de Juda, Tu n'es certainement pas le plus petit des chefs-lieux Car de toi sortira un conducteur

Qui paîtra mon peuple, Israël?. »)

dessus, Hérode fit appeler les mages en secret et s’informa auprès d'eux de l’époque l'étoile avait paru. Puis il les envoya à Bethléem. «Allez, leur dit-il, prenez des informations exactes sur cet enfant et, quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, pour que, moi aussi, j'aille l’adorer. »

Sur ces paroles du roi, ils partirent; et l'étoile qu’ils avaient vue en Orient les précédait jusqu’à ce que, parvenue au-dessus du lieu était l’enfant, elle s'arrêta. A la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère; et, se prosternant, 15 l’adorèrent. Ensuite, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l’encens et de la myrrhe.

1 Hérode le Grand, qui mourut la même année. Ses fils se partagèrent ses Etats; lun d'eux fut Hérode Antipas, appelé dans les Evangiles Hérode tout court. C'est Hérode Antipas qui fit mettre à mort Jean-Baptiste et c’est devant lui que comparut Jésus le jour même de sa condamnation.

3 Michée, 5, 1.

3 Cette tournure : Se réjoutrent d’une joie, est un hébraïsme.

ES Qt

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU

Ayant été miraculeusement avertis en songe de ne pas revenir vers Hérode, 115 regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Après leur départ, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit: «ELève-toi! prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte tu resteras Jusqu'à ce que je te reparle; car Hérode va rechercher l'enfant afin de le faire périr.» Cette nuit même, Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère et partit pour l'Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d'Hérode. (C'était afin que fût accompli ce que le Seigneur avait dit par le prophète en ces mots :

«J'ai rappelé mon fils d'Égypte! ».)

Quant à Hérode, se voyant joué par les mages, il se mit fort en colère, et envoya tuer tous les enfants de Bethléem et de ses envi- rons âgés de deux ans et au-dessous suivant l’époque dont il s'était informé auprès des mages. (C’est alors que fut accompli ce qui avait été dit par le prophète Jérémie en ces mots :

«Une voix α été entendue dans Rama,

Des pleurs et de longs sanglots ;

C’est Rachel pleurant ses enfants,

Et elle ne veut pas étre consolée parce qu'ils ne sont plus ?.»)

Quand Hérode fut mort, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Égypte et lui dit: «Lève-toi, prends l’en- fant et sa mère et retourne dans le pays d'Israël; car ceux qui en. voulaient à la vie de l’enfant sont morts. »

Joseph se levant donc prit l’enfant et sa mère et rentra dans le pays d'Israël. Mais ayant appris qu'Archélaüs régnait en Judée à Ja place d'Hérode son père, il appréhenda d’y aller. Miraculeuse- ment averti en songe, il partit pour la province de Galilée et, y étant arrivé, il habita une ville appelée Nazareth. (C'était fin que fut accompli ce qui été dit par les prophètes : Π| sera appelé Nazaréen 5).

z'Osée 11, 1.

2 Jérémie 31, 15. 5. Ce passage ne se trouve pas dans l'Ancien Testament.

15: 2

10

18

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A6 LE NOUVEAU TESTAMENT

En ces jours-là, parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de la Judée. I] disait : « Repentez-vous !, car le Royaume des cieux est proche. » (C’est Jean que le prophète Ésaïe a annoncé quand il a dit:

« Une voix crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur ; Aplanissez ses sentiers ?. »)

Il avait un vêtement de poil de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.

Alors accouraient à lui et la ville de Jérusalem et toute la Judée et toute la région du Jourdain. Tous étaient baptisés par lui dans le fleuve, en confessant leurs péchés.

Mais, voyant beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens venir à son baptème, il leur dit : « Engeance de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc un fruit digne de la repentance *; et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : nous avons pour père Abraham; car, je vous le dis, Dieu peut faire surgir des pierres que voici des enfants à Abraham. Déjà la cognée touche la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Moi je vous baptise avec l’eau 1 pour la repentance ὅ, mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi et je ne suis pas même digne d’être le porteur de ses sandales; lui vous baptisera avec l'Esprit samtS et le feu. Il le van dans la main, et il nettoiera son aire, et rassemblera son froment dans le grenier 7, mais la paille, il la brülera au feu inextinguible. »

1 On peut traduire aussi : Convertissez-vous.

2 Ésaie 40, 3.

3 On peut traduire aussi : de la conversion.

4 On peut traduire aussi : avec de l’eau dans de l’eau. Le grec n’a pas d’ar- 1016 devant le mot eau.

δ On peut traduire aussi: pour la conversion.

6 Ou: dans l'Esprit saint, Il est à remarquer que le grec n’a pas non plus d'article devant le mot Esprit,

7 Quelques anciens manuscrits lisent : dans son grenier.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 47 LE

Ce fut alors que Jésus vint de la Galilée au Jourdain, vers Jean pour être baptisé par lui. Mais Jean s’en défendait vivement : «C'est moi, disait-il, qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi! » Jésus lui répondit par ces paroles : « Laisse- moi faire pour l'heure présente, car c’est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice. »

Alors il le laissa faire.

Jésus, ayant été baptisé, sortit aussitôt de l’eau, et voilà que les cieux furent ouverts !, et il vit l’Esprit de Dieu descendre sous la figure d'une colombe et venir sur lui. En même temps une voix vint des cieux disant: «Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé en qui je me complais?. »

Jésus ensuite fut conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté du diable. Lorsqu'il eut jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, 1] finit par avoir faim. «Si tu es Fils de Dieu, lui dit le tentateur en s’approchant, dis que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus lui fit cette réponse : «Il est écrit: «Ce n'est pas de pain seulement que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ?.»

Alors le diable le mena avec lui dans la ville sainte et le plaça sur le faîte du Temple. «Si tu es Fils de Dieu, lui dit-il, jette- toi en bas! car il est écrit :

«A ses anges il donnera des ordres à ton égard ; Ils te soutiendront de leurs mains De peur que ton pied ne se heurte contre une pierre #. »

Jésus lui répondit : «Il est également écrit : « Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu.»

Le diable le mena encore avec lui sur une montagne d’une

1 Plusieurs manuscrits ajoutent : pour lui.

? Je me complais. Le verbe grec est au passé, mais il exprime un état per- manent, il faut donc le rendre par le présent.

5 Deut. 8, 3.

£ Psaume 91, 11 et suiv,

5 Deut. 6, 16.

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48 LE NOUVEAU TESTAMENT

immense hauteur et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire et lui dit: «Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu m'adores.» Jésus lui répondit : «Arrière, Satan ! 1 car il est écrit: «Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c'est à lui seul que tu rendras un culte?.» Alors le diable 16 laissa; et voilà que des anges s’approchèrent et ils le servaient.

Ayant appris que Jean avait été livré, Jésus se retira en Galilée ; et, ayant quitté Nazareth à, il vint s'établir à Capharnaüm, ville du rivage sur les confins de Zabulon et de Nephthali5. (C'était afin que füt accompli ce qui avait été dit par le prophète Ésaïe :

« Terre de Zabulon et terre de Nephthak 4 Sur le chemin de la mer, au dela du Jourdain, Galilée des païens ! Le peuple assis dans les ténèbres A vu une grande lumuière 1 [mort EE sur ceux qui étaient assis dans la région et dans l'ombre de la Une lumière s’est levée ! 6»)

Dès lors, Jésus commença à parler en publie et à dire : «Repen-

tez-vous?; car le Royaume des cieux est proche. »

Marchant le long de la mer de Galilée, 1] vit deux frères, Simon (celui qu’on appelle Pierre) et André son frère, jetant leur filet dans la mer; car ils étaient pêcheurs; et il leur dit: « Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.» Eux aussitôt, laissant les filets, le suivirent. Continuant son chemin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans leur barque avec Zébédée leur père, raccommodant leurs

1 Grec : Satanas, forme syriaque du mot hébreu Satan.

2 Deut. 6, 13,

3 Plus exactement : Nazar«a.

4 Le rivage du lac de Tibériade, appelé aussi la mer de Tibériade, Plus exactement : Zaboulôn et Nephthalim.

6 Ésaie 9, 1 et suiv,

7 On peut traduire aussi: Gonvertissez-vous,

2 À.

el

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 49

filets!; il les appela. Eux aussitôt, laissant la barque et leur père, le suivirent.

Jésus parcourait toute la Galilée; enseignant dans leurs syna- gogues, prêchant l'Évangile? du Royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple, et sa renommée se répandit dans la Syrie entière. On lui apporta tous les malades, tous ceux qui étaient atteints de souffrances et de douleurs quel- conques, des démoniaques, des lunatiques ὁ, des paralytiques et 1] les guérit. Et de grandes multitudes le suivirent venant de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et de l’autre rive du Jourdain. Voyant ces multitudes, 1] gravit la montagne, 1] y fit sa demeure #; ses disciples s’approchèrent de lui; et, ouvrant la bouche, il les enseignait, disant :

« Heureux les pauvres en esprit5, parce que le Royaume des cieux est à eux

«Heureux ceux qui sont dans l'affliction, parce qu'ils seront consolés! »

« Heureux ceux qui sont doux, parce qu'ils auront la terre en héritage 6! »

« Heureux ceux qui Ont faim et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés ! »

« Heureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséri- corde ! » |

1 On peut traduire aussi : arrangeant leurs filets, c’est-à-dire les mettant en ordre.

2? Ou : La Bonne Nouvelle.

3 Voir note sur Matth. 17, 15.

4 On traduit d'ordinaire : il s’y assit; mais le verbe grec employé ne signifie pas seulement s'asseoir, il a souvent le sens de s'établir, faire sa demeure (voir Actes 18, 11); ce sens nous paraît ici préférable ; il est confirmé par l’imparfait : il enseignait. Nous retrouverons la même signification de ce verbe grec, Evang. de Jean 6, 3. et Luc 24, 49.

5 Cette expression peut signifier : Heureux ceux qui ont conscience de leur pauvreté, de leur indigence spirituelle; ou encore (d’après le parallèle Luc 6, 20) : Heureux ceux qui ont l'esprit de pauvreté. Les deux interprétations nous paraissent également plausibles.

6 Plusieurs anciens manuscrits insèrent la phrase : Heureux ceux qui sont doux, etc., avant: Heureux ceux qui sont dans l’affliction, etc,

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9

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17

50 LE NOUVEAU TESTAMENT

« Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu ! »

«Heureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu! »

« Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, parce que le Royaume des cieux est à eux!»

« Heureux serez-vous quand on vous outragera et vous persé- cutera et qu’on dira faussement toute sorte de mal de vous à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez transportés de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux !; c’est ainsi, en effet, qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

« Vous êtes le sel de la terre; si le sel s’affadit, avec quoi lui

rendra-t-on sa saveur? Il n’est plus bon à rien, sinon à être jeté

dehors et foulé aux pieds par les passants. »

« Vous êtes la lumière du monde; une ville ne peut être cachée quand elle est située sur une montagne. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le pied- de-lampe et elle luit à tous ceux qui sont dans la maison, Qu'’ainsi votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

«Ne pensez pas que je sois venu détruire la Loi ou les Pro- phètes; je ne suis pas venu pour détruire, mais pour accomplir ? ; car 16 vous le dis en vérité: jusqu'à ce que le ciel et la terre aient passé, il ne disparaîtra de la Loi, ni la plus petite lettre *, ni un seul petit trait“ qui n'ait reçu sa pleine réalisation. Et celui qui annuleraÿ un de ces commandements, même le moindre et enseignera les hommes à le faire, sera réputé le moindre

1 On peut lire aussi d'après une autre ponctuation: Vous êtes heureux ! Quand on vous oulragera el vous persécutera et qu'on dira faussement toute sorte de mal de vous cause de moi, réjouissez-vous, soyez transportés de joie... ete.

? Accomplir. Le verbe grec signifie littéralement remplir et a, à Ja fois, le sens d'accomplir et le sens de compléter.

3 Littéralement: pas un iola, la plus petite lettre de l’alphabet grec.

4 Trait. Voir note sur Luc 16, 17.

5 Ou : violera.

Le

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU δ᾽

dans le Royaume des cieux; mais celui qui les pratiquera et les enseignera, celui-là sera réputé grand dans le Royaume des cieux. »

«Aussi je vous le dis: Si votre justice n’est pas supérieure à celle des Scribes et des Pharisiens vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. »

«Vous avez entendu qu'il a été dit aux hommes d'autrefois : «Tu ne tueras point !;» celui qui aura tué? sera passible du jugement ὃ. Eh bien, je vous dis, moi: Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement. Celui qui dira à son frère : Raca #, sera passible de la justice du Sanhédrin®. Celui qui lui dira : fou, sera passible de la Géhenne du feu. »

« Lors donc que tu présentes ton offrande à l’autel et que tu te souviens que ton frère quelque chose contre toi, laisse ton offrande, devant l'autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; et puis, viens présenter ton offrande. »

«Mets-toi d'accord avec ton adversaire, promptement, pendant que tu es encore en chemin avec lui, de peur que cet adversaire ne te livre au juge, et le juge à celui qui exécute ses sentences7, et que tu ne sois jeté en prison. Tu n’en sortiras pas, je te le dis en vérité, que tu n'aies payé jusqu'au dernier quadrant$.»

« Vous avez entendu qu'il été dit: « Tu ne commettras point

1 Exode 20, 13.

2 Cest-à-dire : aura commis un meurtre.

5 ]1 s’agit sans doute ici du jugement du tribunal ordinaire, celui de la syna- gogue.

£ Raca, mot qu’il faut prendre dans le sens de l’hébreu Rék (Juges 9, 4); c’est une insulte dont la signification exacte est inconnue.

5 Le Sanhédrin, conseil composé de 70 membres, était la plus haute juri- diction chez les Juifs, pour les choses politiques, civiles et religieuses.

6 Géhenne, mot dérivé de Gé-Hinnôm, vallée située au sud de Jérusalem, avait été célébré le culte de Moloch. Elle était réputée infâme et son nom ser- vait à désigner symboliquement le lieu de punition après la mort.

7 Littéralement : à l’agent, à celui qui exécute les sentences. Cet Homme était appelé en hébreu le Hazzan ; il était chargé de la garde de la synagogue et c'était lui qui appliquait aux condamnés les sentences prononcées par les Juges, qui étaient eux-mêmes chefs de la synagogue (voir.le passage parallèle Luc 12, 58, cet homme est appelé Réclamateur, et aussi Luc 4, 20).

8 Le quadrant valait un peu moins d'un centime, exactement 0c,915. Cette phrase signifie : Tu resteras en prison jusqu'à ce que tu aies payé le dernier centime de l’amende à laquelle laura condamné le Juge.

20, 5

12 LD

12 Co

5, 98

30

31

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LE NOUVEAU TESTAMENT

d’adultère!.» Eh bien, je vous dis, moi: quiconque regarde une femme avec convoitise 2 a déjà, dans son cœur, commis l’adultère avec elle. »

«Si ton œil droit est pour toi une cause de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi qu’un de tes membres périsse et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la Géhenne*. Et si ta main droite est pour toi une cause de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; il vaut mieux pour toi qu'un de tes membres périsse et que ton corps tout entier n’aille pas dans la Géhenne #.»

«Il été dit: «Celui qui répudie sa femme doit lui remettre un acte de divorce.» Eh bien, je vous dis, moi : quiconque répudie sa femme excepté pour cause d’infidélité l’expose à commettre un adultère et celui qui épouse une femme divorcée, commet un adultère. »

« Vous avez encore entendu qu'il été dit aux hommes d’autre- fois : « Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Ser- gneur de tes serments$.» Eh bien, je vous dis, moi, de ne prêter aucune sorte de serment; ne jurez point «par le ciel»7, car il est le trône de Dieu; «par la terre», car elle est l’escabeau de ses pieds ; « par Jérusalem», car elle est une ville du Grand Roi. Ne jure pas non plus «sur ta tête», car tu ne peux faire blanc ou noir un seul de tes cheveux. Que votre langage soit: oui, oui; ou : non, non. Ce qu’on ajoute vient du Malin. »

« Vous avez entendu qu'il a été dit: « Οὐ} pour œil, dent pour dent.» Eh bien, je vous dis, moi: ne résistez point au méchant; au contraire, si quelqu'un te frappe à la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu'un veut t’appeler en justice et t’enlever ta:

1 Exode 20, 14.

? Grec: pour convoiter. Plusieurs anciens manuscrits lisent pour la convoiter,

3 Une cause de chute. Voir note sur Matth. 18, G.

4 Géhenne, voir la note du verset 22.

5 Deut. 24, 1.

6 Lévit. 19, 12; Deut. 23, 21.

7 Nous plaçons ces mots et les suivants entre guillemets, parce que Jésus cite ici quelques-unes des formules de serment en usage de son temps.

8 Du malin Esprit, du Diable,

9 Exode 21, 24.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 53

tunique, abandonne-lui aussi le manteau; et si quelqu'un veut te faire faire une corvée d’un mille, fais-en deux pour lui. »

«A qui te demande, donne; de qui veut t’emprunter, ne te détourne pas. »

« Vous avez entendu qu'il été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi?.» Eh bien, je vous dis, moi: aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez fils de votre Père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment quelle récompense avez-vous? Les publicainsÿ ne le font-ils pas aussi? Et si pour vos frères seuls, vous avez un bon accueil #, en quoi dépassez-vous l'ordinaire? Les païens ne le font-ils pas aussi?»

« Soyez donc, vous, parfaits comme votre Père céleste est par- fait. »

« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour en être regardés; autrement il n°y pas pour vous de récompense de votre Père qui est dans les cieux. »

« Quand donc tu feras l’aumône, ne fais pas sonner de la trom- pette devant toi, comme font les hypocrites$ dans les synagogues et dans les rues pour être glorifiés des hommes. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Pour toi, quand tu fais l’au- mône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, en sorte que ton aumône se fasse dans le secret, et ton Père, qui voit dans le secret, te donnera ce qui t'est dù. »

«Lorsque vous prierez, ne soyez pas comme ces hypocrites $ qui

1 Le mille, mesure itinéraire (1500 mètres environ). Il s’agit ici des services publics pour lesquels on met un homme en réquisition.

? Lévitique 19, 18.

3. Les publicains, voir note sur Matthieu 9, 10.

4 Littéralement : Si vous ne suluez que vos frères.

5 La justice comprenait les principales bonnes œuvres des Juifs : l’aumône, la prière et le jeûne.

5 On peut traduire aussi : les comédiens. Le mot hypocrite, qui n’est autre que le terme grec transporté en français, signifie avant tout : comédien, acteur, histrion.

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54 LE NOUVEAU TESTAMENT

aiment, faisant leur prière, à stationner debout dans les synagogues et dans les angles des places publiques pour être bien en évidence. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense, Toi quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, prie ton Père qui est là, dans le secret, et ton Père, qui voit dans le secret, te don- nera ce qui t'est αὖ.»

<En priant, ne multipliez pas les paroles, comme font les païens; ils s'imaginent, en effet, que c’est à force de paroles qu'ils se feront exaucer. Ne les imitez point; car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier :

«Notre Père, qui es dans les cieux!»

«Que ton nom soit sanctifié ! »

«Que ton Règne vienne! ! »

«Que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel!»

«Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ? ! »

«Et remets-nous nos dettes comme nous-mêmes remetlons les leurs à nos débiteurs. »

«Et ne nous induis pas en tentation ὃ, mais délivre-nous du Malin “. »

1 Ou: Que ton Royaume arrive ! Un seul et même mot grec se traduit en français par Règne, Royaume ou Royauté. Voir notes sur Matth. 16, 98 et sur Jean 18, 36. ᾿

5 Ce mot quofidien, consacré par l'usage, ne rend pas l'original. L’adjectif grec, employé par l’évangéliste, vient du mot subsistance, combiné avec la pré- position pour et se traduirait littéralement : pour subsistance, c’est-à-dire néces- saire à notre subsistance, avec l’idée de suffisance, en opposition à celle superflu. On pourrait donc traduire: donne-nous le pain qui nous est néces-' saire et suffisant pour vivre, ce qu’il nous faut de pain pour vivre. On peut cependant trouver au terme grec une autre étymologie et le faire venir d’un verbe qui signifie survenir. 11 faudrait alors traduire littéralement notre pain du jour survenant, c’est-à-dire notre pain de demain, la pensée du Seigneur serait : assure-nous aujourd'hui notre pain de demain. Nous préférons la première de ces deux étymologies, quoique la seconde soit grammaticalement plus probable; parce qu’elle pour elle une analogie dans les Proverbes 80, 8; parce que Jésus-Christ, qui dit ailleurs de ne pas se soucier du lendemain, ne peut nous recommander ici de nous préoccuper du pain du lendemain,

8. On peut traduire aussi : Épargne-nous l'épreuve. Voir note sur Épiître de Jacques 1, 13.

# Du Malin ou du Méchant, c'est-à-dire du Diable.

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ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU

« Si, en effet!, vous remettez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous remettra aussi les vôtres; mais si vous ne remettez point aux hommes leurs offenses?, votre Père, non plus, ne vous remettra pas vos offenses. »

« Quand vous jeünez, ne prenez pas, comme les hypocrites, un air accablé; ils se font des visages tout défaits, afin que leur jeûne attire les regards. En vérité, je vous le dis: 115 ont reçu leur récompense! Toi, quand tu jeünes, parfume ta tête et lave ton visage afin que les hommes ne s’aperçoivent pas que tu jeûnes, mais seulement ton Père qui est là, dans le secret, et ton Père, qui voit dans le secret te donnera ce qui t'est dù. »

«Ne vous amassez point de trésors sur la terre le ver et la rouille rongent et les voleurs pénètrent“ et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, il n’y a ni ver, ni rouille qui rongent, ni voleurs qui pénètrent 6 et dérobent. Car est ton trésor, la sera aussi ton cœur.»

«La lampe du corps est l'œil; si ton œil n’a rien qui le trouble, ton corps entier sera dans la lumière; si ton œil est en mauvais état, ton corps entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront profondes ces ténèbres ! »

«Nul ne peut servir deux maïtres; ou bien, en effet, il haïra l’un et aimera l’autre; ou bien il s’attachera au premier et mépri- sera le second. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamôn 5.»

« Voilà pourquoi je vous dis de ne pas vous inquiéter : pour votre vie de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez$; pour votre corps de quoi vous vous vêtirez. La vie n'est-elle pas plus

1 La phrase qui termine l’oraison dominicale dans la liturgie de l’Église : car c'est à toi qu’appartiennent, aux siècles des siècles, le règne, la puissance et la gloire, ne se trouve pas dans les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament,

2? Quelques anciens manuscrits omettent leurs offenses.

3 Voir note sur le verset 2.

Littéralement : percent. Voir note sur Luc 12, 39.

5 Mamôn, mot de la langue syriaque que parlait Jésus et qui signifie ici richesse, La richesse, dans ce passage, est personnifiée (voir Luc 16, 9).

5 Un des plus anciens manuscrits omet ow de ce que vous boïrez.

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56 LE NOUVEAU TESTAMENT

que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Regardez les oiseaux du ciel; ils ne sèment ni ne moissonnent, ni ne recueillent en des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous peut, par toutes ses préoc- cupations, ajouter une seule coudée à la durée de sa vie. Et quant au vêtement, pourquoi vous en inquiéter? Observez comment crois- sent les lis des champs. Ils ne travaillent ni ne filent. Cependant, je vous le déclare, Salomon lui-même dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un deux. Si donc cette herbe des champs qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, Dieu la revêt de la sorte, combien plutôt vous-mêmes, hommes de petite foi!»

«Donc, ne vous inquiétez pas, disant: «Que mangerons- nous?» ou: «que boirons-nous?» ou : «comment nous vêtirons- nous?» Oui, tout cela les paiïens s’en enquièrent. Or, votre Père céleste sait bien que vous avez besoin de tout cela. Cherchez pre- mièrement le Royaume? et sa justice ? et toutes ces choses vous seront données par surcroît. »

«Donc, ne vous inquiétez pas du lendemain; le lendemain aura soin de lui-même“. A chaque jour suflit sa peine.»

«Ne jugez point pour que vous ne soyez point jugés; car en telle forme que vous jugez vous serez jugés, et la mesure que vous faites aux autres sera votre mesure. Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas? Et comment dis-tu à ton frère: «laisse-moi ôter cette paille de ton œil» et cela quand il y a une poutre dans le tien! Hypocrite 5, Ôte d’abord de ton œil la poutre et alors tu verras 6 à ôter la paille de l’œil de ton frère! »

1 La vie est considérée ici comme une ligne plus ou moins longue; personne ne peut lui ajouter seulement une coudée (0,45).

2 Plusieurs anciens manuscrits lisent : Royaume de Dieu.

3 Sa justice ne signifie pas ici la justice du Royaume, mais la justice de Dieu ou du Père céleste, dont il est parlé au verset précédent.

4 Littéralement : sera inquiet pour lui-même.

5 Voir note sur 6, 2,

6 Nous prenons ici {u verras dans le sens de tu songeras; mais on peut tra- duire aussi au sens propre : {u verras de manière à pouvoir ôler.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 57

« Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, et ne répandez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds et que, se tournant contre vous, 115 ne vous déchirent. »

« Demandez et il vous sera donné; cherchez et vous trouverez ; frappez, et il vous sera ouvert; car quiconque demande reçoit, et qui cherche trouve, et à celui qui frappe on ouvrira. Quel est celui d'entre vous, quand son fils lui demandera du pain, qui lui donnera une pierre? et quand il lui demandera du poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux, en donnera-t-il de bonnes à ceux qui les lui demandent? »

«Tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le leur aussi : c’est «la Loi et les Prophètes 1».

« Entrez par la porte étroite, parce que large est la porte? et spa- cieuse la voie qui mènent à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle! et parce que étroite est la porte et resserrée la voie qui mènent à la vie, et petit est le nombre de ceux qui la trouvent! »

« Prenez garde aux faux prophètes qui viennent à vous, déguisés en brebis # et, au dedans, sont des loups rapaces. Vous les recon- paîtrez à leurs fruits. Est-ce sur des épines que l’on cueille le raisin? sur des chardons 5 les figues? Ainsi tout bon arbre donne

1 La Loi et les Prophètes, nom que donnaient les Juifs d’alors à leurs Livres saints. Voir note sur 22, 40.

? Un des plus anciens manuscrits omet La porte, il faut lire alors : large et spacieuse est la voie qui, etc.

3 Plusieurs anciens manuscrits omettent la porte, il faut lire alors : étroile et resserrée est la voie. etc.

£ Littéralement en vêtements de brebis.

5 Ou: sur des ronces. Le mot grec tribule (dont les botanistes se servent en français) désigne une variété quelconque d’une plante à trois épines.

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58 LE NOUVEAU TESTAMENT

de bons fruits; et le mauvais arbre donne de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut donner de mauvais fruits, ni un mauvais arbre donner de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. Donc, vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »

«Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : « Seigneur ! Seigneur! » qui entreront dans le Royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-làt: «Seigneur! Seigneur! n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé? en ton nom que nous avons chassé les démons? en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles?» Et alors je leur dirai hautement : «Je ne vous ai jamais connus!»

«hetirez-vous de mot vous qui commettiez l’iniquité ?. »

«Celui donc qui entend? de moi ces paroles et les met en pratique c'est l'homme sage qui bâti sa maison sur le roc; et la pluie est tombée, et les fleuves sont arrivés, et les vents ont soufilé et ont fondu sur cette maison, et elle n’est pas tombée parce qu’elle était fondée sur le roc. » |

«Et celui qui entend de moi ces paroles et ne les met pas en pratique, c’est l’homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable, et la pluie est tombée, et les fleuves sont arrivés et les vents ont soufflé et ont fondu sur cette maison, et elle est tombée, et sa ruine a été grande. »

Jésus avait achevé de parler; les multitudes étaient extrême- ment frappées de son enseignement; en effet, 11 le donnait comme ayant autorité 4 et non comme leurs Scribes.

Quand il descendit de la montagne, de grandes troupes le sui- virent.

1 En ce jour-là, le jour du jugement dernier, 2 Psaume 6. 9. 5 Ou : écoute.

EOu : comme ayant puissance.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 59

Survint un lépreux qui s’approcha et se prosterna devant lui : «Seigneur, dit-il, si tu le veux, tu peux me guérir !.» Jésus étendit la main, le toucha et dit: «Je le veux, sois guéri?»; et à l'instant il fut guéri de sa lèpre. Jésus ajouta : «Garde-toi de parler de ceci à personne; mais va te montrer au prêtre et offre le don prescrit par Moïse; que ce leur soit un témoignage *.»

Comme il entrait dans Capharnaüm, un centurion“ s’approcha de lui, lui adressant cette prière : « Seigneur, mon serviteur est dans ma maison, étendu sur son lit, paralytique et en proie à de cruelles souffrances. » Jésus lui répondit : «J'irai, et je le guérirai. » Alors le centurion reprit : «Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais donne seulement un ordre et mon servi- teur sera guéri. Car moi (qui ne suis pourtant qu'un subordonné) j'ai sous mes ordres des soldats, et si je dis à l'un: «va-t'en» ils’en va; à l’autre: «viens» il vient; à mon esclave: « fais cela» il le fait.» Jésus fut dans l'admiration de ce langage; et s'adressant à ceux qui le suivaient : «Je vous le dis en vérité, chez personne, même en Israël, je n’ai trouvé une foi aussi grande? Je vous déclare que plusieurs viendront de l'Orient et de l'Occi- dent et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux, tandis que les fils du Royaume seront jetés dehors dans les ténèbres. seront les pleurs et le grincement des dents. » Ensuite Jésus dit au centurion: «Va et qu'il te soit fait comme tu as cru. » Et, à cette heure même, le serviteur fut guéri.

Arrivé à la maison de Pierre, Jésus vit la belle-mère de celui-ci

1 Grec: me purifier; m'ôter ma souillure. La lèpre était considérée comme une souillure,

2? Grec : sois purifié (même remarque).

3 Ou : une attestation. Le sacrifice offert par le lépreux guéri servait d’attesta- tion officielle, et le malade pouvait ensuite rentrer dans la société, dont il avait été banni tout le temps de sa maladie.

4 Le centurion était un officier romain qui commandait à cent soldats.

5 Un des plus anciens manuscrits lit : Je vous le dis en vérité, même en Israël je n'ai pas trouvé une foi aussi grande!

C'est-à-dire les possesseurs naturels du Royaume, le peuple élu, les Juifs.

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60 LE NOUVEAU TESTAMENT

couchée ; elle avait la fièvre. Il lui toucha la main et la fièvre dis- parut; aussi se leva-t-elle et se mit-elle à les servir.

Le soir venu, on lui apporta beaucoup de démoniaques, et d’un mot 1] chassait les Esprits. Il guérit aussi tous ceux qui étaient malades, afin que fût accompli ce qu'avait annoncé le prophète Ésaïe disant :

«C'est lui qui a pris nos infirmités Et porté nos maladies. »

Voyant de nombreuses troupes autour de lui, Jésus donna l’ordre de passer sur l’autre rive.

Alors un Scribe, s'avançant, lui dit: «Maître, je te suivrai par- tout tu iras. » Jésus lui répond : «Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas reposer sa tête. » « Seigneur, lui dit un autre des disciples, permets-moi d'aller d’abord ensevelir mon père.» «Suis-moi! lui répond Jésus ?, et laisse les morts ensevelir leurs morts! »

Il monta dans la barque, suivi de ses disciples. Soudain une grande tempête s’éleva sur la mer, à tel point que la barque était couverte par les vagues. Lui, 1l dormait. Les disciples s’appro- chèrent de lui et le réveillèrent. « Sauve-nous, Seigneur, lui dirent- ils, nous périssons Il leur répondit : « Pourquoi vous effrayez- vous, hommes de peu de foi?» Alors il se leva, fit des menaces aux vents et la mer, et il se fit un grand calme. Ces hommes dirent alors remplis d’admiration : « Qui est-il # pour que lui obéis- sent et les vents et la mer? »

Quand il fut arrivé à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, vinrent à sa rencontre deux démoniaques, sortant des sépuleres. IIS étaient si dangereux que personne n'osait passer par ce chemin.

1 Esaïie 53, 4. ? Un des plus anciens manuscrits omet Jésus et lit: Lui dit-il. % On peut traduire aussi : d’où est-il?

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU ΟΊ

«Qu'y a-t-il entre nous et toit, fils de Dieu??» se mirent-ils à crier. « Es-tu venu ici pour nous torturer avant le temps.» Or, il y avait, dans l'éloignement, un nombreux troupeau de pourceaux qui paissaient. Les démons lui adressaient cette demande: «Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. » «Allez!» leur dit Jésus. Alors ils partirent et entrèrent dans les pourceaux; et voilà que, d’une course impétueuse, le troupeau tout entier se précipita dans la mer et périt dans les flots. Les gar- deurs prirent la fuite; 115 allèrent à la ville tout raconter, et ce qui était arrivé aux démoniaques. dessus, la ville entière sortit au devant de Jésus, et, quand ces gens le virent ils le prièrent de s’é- loigner de leur pays.

Montant dans une barque, Jésus repassa l’eau et vint dans sa ville ὁ.

On lui présenta un paralytique étendu sur un lit. Voyant leur foi ?, il dit au paralytique : « Courage! mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

Il y avait quelques Scribes. «Cet homme blasphème», se dirent-ils en eux-mêmes; mais Jésus vit6 leurs pensées et dit: « Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs? Lequel est le plus facile de dire : «Tes péchés sont pardonnés » ou de dire : « Lève- toi et marche?» Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner des péchés “..... lève-toi, dit-il au paralytique, emporte ton lit et retourne dans ta maison.»

Il se leva et s’en alla en sa maison.

1 Voir note sur Jean 2, 4.

? Quelques anciens manuscrits lisent : Jésus, Fils de Dieu.

5. Le temps les mauvais Esprits, d’après la théologie de l’époque, devaient étre précipités dans le lieu de tortures des peines éternelles (voir note sur Luc 8, 31).

4 La ville il avait élu domicile, Capharnaüm.

5 Leur foi, la foi de ceux qui le lui présentaient.

6 Littéralement voyant; quelques anciens manuscrits lisent: connaissant leurs pensées.

7 Phrase incomplète. Les paroles qui suivent l’achèvent, mais avec une autre tournure grammaticale,

29, 8

34

4, 9

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62 LE NOUVEAU TESTAMENT

Les multitudes, voyant cela, furent saisies de crainte et rendirent gloire à Dieu de ce qu'il avait donné une telle puissance aux hommes.

Jésus, parti de là, vit, en passant, un homme, appelé Matthieu, assis au bureau du péaget!. Il lui dit: «Suis-moi.» Matthieu se leva et le suivit.

Jésus étant à table dans la maison de Matthieu, il arriva que beaucoup de publicains? et de pécheurs, étant survenus, s’y trouvèrent avec lui et avec ses disciples. Ce que voyant, les Pha- risiens dirent à ses disciples : « Pourquoi votre Maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs?» Jésus les entendit : «Ge ne sont pas, dit-il, les gens bien portants qui ont besoin de médecin; ce sont les malades. » Allez apprendre le sens de cette parole :

«Je veux miséricorde et non pas sacrifice # car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Alors les disciples de Jean s’approchèrent de lui et lui deman- dèrent : « Pourquoi, lorsque nous et les Pharisiens nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas? »

Jésus leur répondit : « Les amis de l'époux peuvent-ils s’attrister durant le temps que l'époux est avec eux? Des jours viendront l'époux leur sera enlevé, ils jeüneront alors. »

1 Ou : bureau des impôts, des contributions.

2 Les publicains (publicani en latin) étaient les employés du bureau des impôts et en particulier du péage. Ceux de bas étage étaient spécialement appelés péagers.

3 Pécheurs, c'est le mot de l'original grec; mais ce mot ne désigne pas ici des gens dont la vie était coupable, Les pécheurs étaient, dans la langue du temps, soit des païens proprement dits, soit des Juifs n’observant pas la loi de Moïse, et prenant, à son égard, les libertés des païens. Le mot grec serait donc assez exac- tement rendu par paiens. Voir Galates 2, 15, se trouve l'expression : ces pécheurs de paiens.

4 Osée 6, 6. Voy. Matth. 12, 7.

5 Ou: Les enfants des noces. Littéralement : les fils de la chambre nuptiale. On désignait de ce nom les amis de l'époux, parce qu'ils étaient spécialement chargés de préparer la chambre nuptiale, Le mot fils est pris ici dans le sens hébraïque de gens, amis, personnes.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 63

«Personne ne met un morceau d’étoffe neuve! à un vieux vêtement; car ce morceau emporte une partie du vêtement qu'il recouvre et fait une plus grande déchirure. Ce n’est pas non plus dans de vieilles outres que l’on verse du vin nouveau; sans quoi les outres se rompent, le vin se répand et les outres sont perdues. Mais on verse le vin nouveau dans des outres neuves, et tous deux se conservent. »

Il leur parlait encore lorsqu'un chef de synagogue ? entra et se prosterna devant lui. « Ma fille, dit-il, vient de mourir; mais viens, pose ta main sur elle, et elle vivra.» Jésus se leva et le suivit avec ses disciples.

Or une femme, malade d’une perte de sang depuis douze années, s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait à elle-même : «Si seulement je touche son vête- ment, je serai guérie ὃ.» Jésus se retournant et la voyant, lui dit: « Courage, ma fille, ta foi t'a guérie7.» Et à l'instant même la femme fut guérie 7.

Parvenu à la maison du chef, Jésus dit, en voyant les joueurs de flûteS et la foule qui se livrait à de bruyantes lamentations ° : «Retirez-vous, cette jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. » On se moquait de lui; mais quand on eut renvoyé tout le monde, 1l entra, saisit la main de la jeune fille, et elle se réveilla 1.

Le bruit s’en répandit dans tout le pays.

1 Littéralement : de drap écru.

? Les mots de synagogue ne sont pas dans le texte; mais nous savons par les récits semblables des Évangiles de Marc et de Luc, qu’il s’agit bien ici d’un chef de synagogue (voir Marc 5, 22 et Luc 8, 41).

5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : s’approcha.

4 De son vêtement de dessus, de son manteau. Voir note sur Luc 8, 44.

5 Ou : je serai sauvée. Le même verbe grec signifie sauver et guérir.

5 Quelques anciens manuscrits omettent Jésus.

T Ou : sauvée. Voir la remarque de la note 5.

8 Les Juifs faisaient jouer de la flûte aux funérailles par des musiciens funèbres rétribués pour ce service, semblables à ceux des Arabes de nos jours.

9. Ces lamentations bruyantes étaient de commande aux enterrements chez les Juifs; on louait des pleureurs et des pleureuses.

10 On peut traduire aussi: elle ressuscita, ou: elle se leva.

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64 LE NOUVEAU TESTAMENT

Comme Jésus partait de là, deux aveugles le suivirent, criant et disant : «Aïe pitié de nous, fils de David! »

Il entra dans la maison, les aveugles vinrent l'y trouver : «Croyez- vous, leur dit Jésus, que j'aie la puissance de faire cela?» Ils répondirent: «Oui, Seigneur!» «Qu'il vous soit fait selon votre foi!» dit-il alors en leur touchant les yeux. Et leurs yeux s’ou- vrirent. Jésus ajouta d’un ton sévère : «Veillez à ce que nul ne le sache ! » |

Mais eux, s’en étant allés, publièrent sa renommée dans tout ce

pays.

Après leur départ, on lui présenta un muet? qui avait un démon. Et le démon ayant été chassé, le muet parla. Les multitudes disaient dans leur admiration: «On n'a jamais rien vu de semblable en Israël!» Quant aux Pharisiens, ils disaient : «C’est par le Prince des démons qu’il chasse les démons

Jésus cependant parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, préchant l'Évangile du Royaume? et guérissant toute sorte de maux et d'infirmités.

Voyant les multitudes, il fut ému de compassion *, car elles étaient comme des brebis sans berger, épuisées et gisantes çà et là. Alors il dit à ses disciples : « La moisson est grande et les ouvriers en petit nombre. Priez done le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. » Et avant réuni ses douze disciples, 1} leur donna puissance sur les Esprits impurs pour les chasser, et sur toute maladie et toute infirmité pour la guérir.

Voici les noms des douze apôtres : le premier est Simon appelé

1 Ou : un sourd-muet.

2 Ou: la Bonne nouvelle du Royaume.

3 Étymologiquement : Ses entrailles s'émurent. Le verbe que nous traduisons tantôt par avoir pitié, tantôt par avoir compassion , être ému de compassion, vient étymologiquement d’un mot grec qui signifie entrailles, Son sens véritable est : s’émouvoir jusqu'aux entrailles.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 65

Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère ; Philippe et Barthélemi; Thomas et Matthieu le publicain; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée!; Simon le Cananite? et Judas l’Iskariôteÿ, celui-là même qui le trahit.

Tels sont les douze que Jésus envoya en mission après leur avoir donné ces instructions : « Ne prenez pas un chemin menant chez les païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains; allez de préférence vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Allez dire dans vos prédications que le Royaume des cieux est proche. Rendez la santé aux malades, ressuscitez des morts, guérissez“ des lépreux, chassez des démons. »

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement, »

«Ne vous munissez ni d'or, ni d'argent, ni de monnaie quel- conque dans vos ceintures ὅ, ni de sac pour la route 6, ni de second vêtement”, ni de chaussures, ni d’un bâton”®, car l’ouvrier est digne de sa nourriture. Dans toute ville, dans tout village vous entrerez, informez-vous qui est digne de vous recevoir, et demeurez chez lui jusqu'à votre départ. En entrant dans la maison, saluez-la, et si vraiment c’est une digne maison, que votre paix 1 vienne sur elle. Si elle n’est pas digne, que votre paix re- vienne à vous. » |

«Si l’on ne vous reçoit pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, en secouant la poussière de vos pieds. En vérité, je vous le dis, il y aura, au jour du juge-

1 Quelques anciennes autorités lisent au lieu de Thaddée : Lebbée.

? Cananite, mot hébreu qui veut dire zélateur. On donnait ce nom aux plus ardents parmi les patriotes.

5. L’'Ishariôte signifie l’homme de Kariôte, village de Judée,

£ Voir note sur Matthieu 8, 2.

5 Les anciens mettaient leur argent dans leur ceinture,

$ Le sac était la besace du voyageur qui renfermait tout ce qui lui était néces- saire en chemin.

7 Grec: ni de deux tuniques. La tunique était le vêtement de dessous. Voir note sur Marc 6, 9.

$ Œest-à-dire de chaussures de rechange.

? Un bâton de défense,

10 C'est-à-dire votre salut de paix, qui a consisté à dire: La paix soit sur

ette maison. Voir Luc 10, 5; voir aussi Jean 14, 27 et 20, 19,

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66 ; LE NOUVEAU TESTAMENT

ment, moins de rigueur pour la terre de Sodome et de Gomorrhe que pour celte cité. »

« Voici que Je vous envoie comme des brebis au milieu de loups. Soyez donc prudents comme les serpents et simples comme les colombes. »

«Soyez sur vos gardes avec les hommes, car ils vous livreront aux tribunaux 1 et ils vous flagelleront dans leurs synagogues?. Et, à cause de moi, vous serez traduits devant des procurateurs et des rois pour être en témoignage à eux et aux païens ὃ. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez nullement ni de ce que vous direz, ni comment vous le direz; car ce que vous devrez dire vous sera donné au moment même; ce ne sera pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. »

QUn frère livrera son frère à la mort et un père son enfant.

Des enfants se soulèveront contre leurs parents et les feront mourir, et vous serez en haine à tout le monde à cause de mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. »

«Quand ils vous persécuteront dans une ville, fuyez dans une autre; car, je vous le dis en vérité, vous n’aurez point achevé de parcourir les villes d'Israël que le Fils de l’homme sera venu. »

«Un disciple n'est pas au-dessus de son maître, ni un esclave au-dessus de son seigneur. Il suflit au disciple d’être comme son maître et à l’esclave comme son seigneur. S'ils ont appelé Beelzéboul 1 le maïtre de la maison, combien plutôt encore ceux de sa famille. Ne les craignez donc point, car il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé, ni de secret qui ne doive être connu. Ge que je vous dis dans les ténèbres, dites-le dans la lumière, et ce que vous entendez à l'oreille, prèêchez-le sur les toits 5. »

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer

1 Littéralement : aux sanhédrins. Voir note sur Matth. 5, 22.

2? La peine du fouet ou de la bastonnade était prononcée et appliquée par la synagogue, qui était la première des autorités ecclésiastiques.

3 Le sens de cette expression un peu obscure est sans doute: pour rendre votre témoignage devant eux et devant les paiens. :

4 Beelzébout ou : Béelzebul. Voir note sur Mare 8, 22.

» C'est-à-dire du haut des loits, Voir note sur Luc 12, 3.

5.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 67

l’âme. Craignez plutôt Celui qui peut faire périr et l’âme et le corps dans la Géhenne !. »

«Deux passereaux ne se vendent-ils pas un as?! Et l’un d’eux ne tombe pas sur la terre sans votre Père! Jusqu'aux cheveux de votre tête, tous, ils sont comptés! Ne craignez donc point; vous êtes de plus de valeur que bien des passereaux

«Qui donc me confessera devant les hommes, je le confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Qui me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »

«Ne pensez pas que je sois venu répandre la paix sur la terre; je ne suis pas venu répandre la paix, mais jeter le glaive. Je suis venu mettre la division entre l’homme

«.. Et son père, La fille et sa mère, La belle-fille et sa belle-mère

Et l’homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison #.»

«Qui aime sou père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. »

« Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. »

«Qui ne prend pas sa croix et ne marche pas à ma suite n’est pas digne de moi. »

«Sauver sa vie, c’est la perdre! Perdre sa vie à cause de moi, c'est la sauver ! >

«Qui vous reçoit me reçoit, qui me reçoit, reçoit Celui qui m'a envoyé. Qui reçoit un prophète à titre de prophète recevra la récompense d'un prophète”. Qui reçoit un juste à titre de juste

1 Géhenne. Voir note sur Matth. 5, 22.

? L’as, monnaie du temps qui valait un peu plus de trois centimes et demi; exactement 3c, 66.

5 C'est-à-dire se déclarera pour moi.

1 Michée 7, 6.

C'est-à-dire recevra la récompense qu'on mérite en accueillant un pro- phèle.

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recevra la récompense d’un justel. Qui aura donné à boire, ne fut-ce qu'un verre d’eau froide à l’un de ces petits qui sont là, à titre de disciple, je vous le dis en vérité, ne perdra point sa récom- pense. »

Après avoir achevé de donner ces instructions aux douze disci- ples, Jésus partit de pour aller enseigner et prêcher dans leurs villes ?.

Jean, ayant appris dans sa prison les œuvres du Christ, lui envoya dire par ses disciples: «Es-tu celui qui doit venir? ou devons-nous en attendre un autre?»

Pour leur répondre, Jésus leur dit: «Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : des aveugles voient, des estropiés marchent, des lépreux sont guéris“, des sourds entendent, des morts ressuscitent, des pauvres entendent l'Évangile 5. Heureux est celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute 6.»

Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à parler de Jean aux mul- titudes : «Au désert, qu'êtes-vous allés voir? Esi-ce un roseau agité par le vent? Qu’êtes-vous allés voir? Est-ce un homme aux vêtements efféminés?7? Mais ceux qui portent des vêtements effé- minés sont dans les demeures des rois. Qu'êtes-vous allés voir Est-ce un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit :

1 C'est-à-dire recevra la récompense qu'on mérite en accueillant un juste.

2 Leurs villes, c’est-à-dire Les villes du pays.

3 Celui qui doit venir, un seul mot dans l'original; c'était un des noms du Messie.

4 Grec : purifiés. Voir note sur Matth. 8, 2.

5 Ou: la Bonne Nouvelle est annoncée à des pauvres.

6 Littéralement : qui ne sera pas scandalisé en moi, c’est-à-dire que la vue de mes œuvres ne délournera pas de moi, Voir note sur Matthieu 13, 57, 18, 6 et suivants.

7 Un des plus anciens manuscrits lit: Pourquoi êles-vous allés? voir un homune aux vêlements efféminés ? |

)

8 Les deux plus anciens manuscrits lisent : Pourquoi êles-vous allés? voir un

prophèle?

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 69

« Voici que j'envoie mon messager pour te précéder Et préparer ton chemin devant toit».

« En vérité, je vous le dis, parmi ceux que les femmes ont en- fantés, nul ne s’est levé plus grand que Jean-Baptiste; mais le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

« Depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu'à maintenant le Royaume des cieux est pris par violence et les violents s’en emparent. »

«Tous les prophètes et la Loi ont exercé, jusqu’à Jean, leur ministère prophétique, et si vous voulez admettre cette parole, lui-même est Élie qui doit venir. Que celui qui a des oreilles entende ?, »

«A qui assimilerai-je cette génération-ci : Elle est semblable à des enfants assis sur la place publique, qui crient à leurs cama-

rades : «Nous vous avons joué de la flûte

Et vous n'avez pas dansé ; Nous avons entonné des chants lugubres Et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. »

«Jean est venu en effet, pratiquant l’abstinence du manger et du boire, et on dit : «Il est possédé d’un démon. » Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant comme tout le monde, et on dit: « Voilà un amateur de bonne chère, un buveur de vin, un ami des publicains et des pécheurs *. »

«A la sagesse, les œuvres qu’elle accomplit rendent justice 5.»

Il commença alors à faire des reproches aux villes dans lesquelles il avait fait le plus grand nombre de ses miracles, pour ne pas s'être repenties : « Malheur à toi, Chorazein ! Malheur à toi, Beth-

1 Malachie 8, 1.

2 Ou : écoute.

3 Ces mots : comme tout le monde, sont sous-entendus dans le texte.

4 Des publicains et des pécheurs. Voir note sur Matth. 9, 11.

5 Littéralement : La sagesse a été justifiée par ses œuvres, c’est-à-dire la sagesse divine qui appelle les hommes au salut accomplit des œuvres excellentes qui la justifient, qui lui rendent justice, qui la font reconnaître pour la vérité. La même pensée est exprimée Jean 7, 17,

5 Ou : converties,

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saïda 1: car si les miracles faits au milieu de vous l'avaient été dans Tyr et dans Sidon?, elles se seraient depuis longtemps re- penties, en se revêtant d’un sac et dans la cendre. Aussi, je vous le dis, il y aura moins de rigueur pour Tyr et pour Sidon, au jour du jugement, que pour vous. Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Tu seras abaissée # jusqu’à la Demeure-des-morts®, parce que si dans Sodome avaient été faits les miracles faits au milieu de toi, elle serait encore debout aujour- d'hui. Aussi, je vous le dis, il y aura moins de rigueur pour la terre de Sodome, au jour du jugement, que pour toi.»

En ce temps-là, Jésus prononça ces paroles : «Je te bénis, à Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses

à des sages 6 et à des savants et de ce que tu les révélées à de

petits enfants. Oui, Père, je te bénis de ce que tel a été ton bon plaisir 7. »

«Tout m'a été confié par mon Père, et personne ne connaît le Fils, excepté le Père, et personne ne connaît le Père, excepté le Fils et celui à qui il plait au Fils de le révéler. »

«Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et c'est moi qui vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du soulagement pour vos âmes; car mon joug est doux et mon fardeau est léger. » |

En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus passa par les

blés. Ses disciples avaient faim ; ils se mirent à cueillir des épis et,

1 Villages voisins de Capharnaüm et dont l'emplacement est inconnu.

? Villes païennes de la Phénicie.

3 C'est-à-dire assises dans la cendre, Voir Luc 10, 13.

4 Quelques anciens manuscrits lisent : {uw descendras.

5 Grec : jusqu'au Hadès ; en hébreu : le Scheol, mot qui signifie simplement demeure souterraine des morts.

6 Sage est pris ici, comme chez les Grecs, dans le sens de philosophe, Voir les deux premiers chapitres de la première Épiître aux Corinthiens.

7 On peut traduire aussi : 1] en est ainsi, parce que tel a été ton bon plaisir.

8 On peut traduire aussi: Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur.

9 Littéralement : bon, propre à l'usage.

Mirti Li. ΨΥ -

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 11

à manger. » Les Pharisiens les virent. « Voilà tes disciples, dirent- ils à Jésus, qui font ce qu'il n’est pas permis de faire un jour de sabbat. » Il leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu'il eut faim, et ce que firent ses compagnons? comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposi- tion 1, qu'il n’était permis de manger ni à lui, ni à ses compa- gnons, mais aux prêtres seuls? N’avez-vous pas aussi lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres violent dans le Temple le repos sabbatique et cependant sont innocents?? Or, je vous le dis, il y ici quelque chose de plus grand que le Temple, Si vous saviez ce que signifie : «Je veux miséricorde el non sacrifice,

vous n'auriez pas condamné des innocents : le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

ΠῚ partit de et se rendit dans leur synagogue. Il s’y trouvait 9 10

un homme qui avait une main paralysée“; pour avoir un prétexte à accusation, ils lui posèrent une question : «Est-il permis, dirent- ils, de guérir les jours de sabbat? » Il leur répondit: «Si l’un de vous n’a qu'une brebis et que, le jour du sabbat, cette brebis tombe dans une fosse, est-ce qu'il ne la prendra pas, est-ce qu'il ne la retirera pas? De quel prix cependant n'est pas un être humain en comparaison d’une brebis ? Donc, il est permis les jours de sabbat d'être bienfaisant. » Là-dessus, il dit à l'homme: « Étends ta main. » Il l’étendit et elle redevint aussi saine que l’autre.

Quant aux Pharisiens, ils sortirent et allèrent se concerter entre eux sur les moyens de le perdre.

Jésus l’apprit et partit de là. Beaucoup le suivirent ; il les guérit tous et, par des menaces, il leur interdit de le faire connaître.

1 Les pains consacrés dont il est parlé Exode 29, 33; 1 Chron. 9, 32 et 23, 29, Voir sur le fait même auquel Jésus fait allusion : I Sam, 21, 1 à 0.

? Voir Nombres 28, 9 et suiv.

3 Osée, 6, 6. Voy. Matth. 9, 13.

4 Littéralement : wne main sèche.

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72 LE NOUVEAU TESTAMENT

(C'était pour que fût accompli ce qu'avait dit le prophète Ésaïe : « Voici mon serviteur, celui que j'ai élu, Mon bien-aimé, celui en qui mon âme s’est complu; Je mettrai mon Esprit sur lui Et il annoncera le jugement aux nalions ; Il ne disputera pas: il ne criera pas; On n'entendra pas sa voix dans les places publiques : Il ne brisera pas le roseau froussé Et il n'éteindra pas la mèche encore fumante. Jusqu'à ce qu'il ait fait triompher sa cause 1 Et les nations espéreront en son nom°?.»)

On lui présenta alors un démoniaque aveugle et muet; 1] le euérit de sorte que le muet parlait et voyait. Et la multitude était toute transportée et disait: «Celui-à n'est-il point le Fils de David 53» Les Pharisiens, l’entendant, dirent : «Celui-là ne chasse les démons que par le prince des démons, Beelzéboul‘, »

Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout Royaume divisé contre lui-même tombe en ruines; nulle ville, nulle maison divisée contre elle-même ne subsistera. Or, si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même, comment alors son Royaume subsis- tera-{-il? Et si, moi, je chasse les démons par Beelzéboul, par qui vos fils® les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos

juges ! Mais si c’est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons,

le Royaume de Dieu est donc venu jusqu'à vous.»

«Comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison du guerrier et lui ravir ce qu’il possède s’il n’a tout d’abord chargé de liens le guerrier, Ce n'est qu'alors qu'il pourra piller sa maison. »

1 Littéralement : jusqu’à ce qu'il ait mené le jugement au triomphe.

2 Ésaie 42, 1 à 4.

3 Le Fils de David, un des noms donnés au Messie, qui devait descendre du roi David,

4 Beelzéboul. Voir note sur Marc 8, 22,

5 Vos fils, c’est-à-dire ceux de votre parti,

6 Littéralement : ses objets; peut-être ses armes, puisqu'il s'agit d’un cuerrier,

᾿ .

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 73

«Qui n’est point avec moi est contre moi, et qui n’amasse point avec moi, disperse. C’est pourquoi je vous dis ceci : tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. Si quelqu'un prononce un mot contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais si quel- qu'un parle contre l'Esprit saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans l’autre 1.»

« Dites l’arbre bon et son fruit bon, ou dites l’arbre mauvais et son fruit mauvais, car au fruit on connaît l’arbre. »

« Engeance de vipères! Comment, étant méchants, pourriez- vous dire de bonnes choses; c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle?. De son bon trésor l’homme bon tire de bonnes choses; de son mauvais trésor l’homme mauvais tire de mau- vaises choses. »

« Je vous le déclare, au jour du Jugement les hommes rendront compte de toute parole oiseuse 4 qu’ils auront dite. Par tes paroles, en effet, tu seras justifié et par tes paroles condamné. »

«Alors quelques-uns des Scribes et des Pharisiens vinrent lui dire: «Maître, nous voulons voir un signe de toi.» Il répondit par ces paroles : « Mauvaise et adultère génération ! elle demande un signe ! et nul signe ne lui sera donné, sinon celui du prophète Jonas. De même, en effet, que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleinef, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.»

1 Cest-à-dire ni dans ce monde, ni dans le monde à venir. Le présent siècle chez les Juifs désignait l’économie présente, le monde actuel, par opposition au monde à venir, qui s'appelait le siècle à venir.

2 Ou : La bouche ne dit que ce dont le cœur est plein, On peut aussi inter- préter ce proverbe sous cette forme : La bouche verse le trop-plein du cœur.

5 Plusieurs anciens manuscrits lisent : Les bonnes choses.

4 Le grec dit bien oïseuse, mais le mot analogue en hébreu signifie à la fois inutile et impie, et c’est peut-être dans ce dernier sens qu’il faut prendre ici ce terme, comme dans Épître aux Éphésiens 5, 11, stérile veut dire pernicieux. Jésus n'aurait pas seulement condamné les paroles légères et inconsidérées, mais aussi les paroles coupables et impies.

5 Un signe, un miracle.

5 La baleine, ou plutôt : monstre marin quelconque.

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74 LE NOUVEAU TESTAMENT

Lors du jugement, les hommes de Ninive se lèveront ! avec cette génération et la condamneront, car, eux, ils se repentirent 3 à la prédication de Jonas. Et voici, sous vos yeux, plus que Jonas! Lors du jugement, la reine du Midi se lèvera avec cette géné- ration et la condamnera , car cette reine vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Et voici, sous vos yeux, plus que Salomon

«Lorsque l'Esprit impur est sorti d’un homme, il erre par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve pas. ΠῚ dit alors: «Je retournerai dans ma maison, d’où je suis parti»; 1] y revient et la trouve vide, nettoyée et parée. Là-dessus, il va s'associer sept autres Esprits plus méchants que lui-même; ils y pénètrent et y demeurent; et le dernier état de cet homme de- vient pire que le premier. Ainsi en sera-t-il de cette génération mauvaise ! »

Comme il parlait encore à la foule, sa mere et ses frères, qui se tenaient dehors, demandèrent à l’entretenir #. Il répondit à celui qui le lui disait: «Qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main sur ses disciples, il ajouta : « Voici ma mère et mes frères! Car faire la volonté de mon Père, qui est dans les cieux, c’est être mon frère, c’est être ma sœur, c’est être ma mère ! »

Ce même jour, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer et on se rassembla en si grand nombre autour de lui qu'il monta dans une barque et y prit place pour parler de à toute la multitude restée sur le rivage.

ΠῚ leur dit beaucoup de choses en paraboles :

1 Ou : ressuseciteront. 2 Ou : ils se convertirent.

3 Ou : ressuscitera. 4 Quelques anciens manuscrits ajoutent ici cette phrase: Quelqu'un lui dit : voilà ta mère et tes frères qui se tiennent dehors et demandent à l'entretenir.

C'est le verset 47,

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 75

« Voilà que le semeur est sorti pour semer. Il jette sa semence et des grains sont tombés le long du chemin et les oiseaux sont venus et les ont mangés.»

«D’autres sont tombés sur un sol pierreux, il n’y avait pas beaucoup de terre, et ils ont immédiatement poussé, parce que la terre était sans profondeur. Mais le soleil s’est levé et brülé la plante qui, n'ayant point de racine, s’est desséchée, »

« D’autres grains sont tombés parmi les épines et les épines ont grandi et les ont étouffés. »

«D’autres sont tombés dans la bonne terre et ils ont donné du fruit, tel grain en a produit cent, tel autre soixante, tel autre trente. Que celui qui a des oreilles entendef

Ses disciples s’approchèrent et lui dirent: «Pourquoi leur par- les-tu en paraboles?» Il leur répondit : «Parce qu’à vous il est donné de pénétrer les mystères du Royaume des cieux, mais à ceux-là, non point. Car à celui qui a, il sera donné, et il sera dans l'abondance; mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il lui sera Ôté. C’est pour cela que je leur parle en paraboles, c’est parce que tout en voyant, ils ne voient point; tout en entendant, ils n’en- tendent ni ne comprennent. En eux s’accomplit la prophétie d’Ésaïe, qui dit :

« De vos oreilles vous entendrez et vous ne comprendrez point ;

De vos yeux vous regarderez et vous ne verrez point ;

Car le cœur de ce peuple s'est épaissi ?, Leurs oreilles sont devenues sourdes Et leurs yeux se sont fermes, De peur que leurs yeux ne voient, De peur que leurs oreilles n’entendent, De peur que leur cœur ne comprenne, De peur qu'ils ne se convertissent, De peur que je ne les quérisse*.» «Heureux vos yeux, à vous, parce qu'ils voient; heureuses vos

1 Ou : écoute.

2 Le cœur de ce peuple s’est épaissi, expression hébraïque qui signifie ici le cœur de ce peuple est devenu insensible.

3 Ésaïe 6, 9 et suiv.

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76 LE NOUVEAU TESTAMENT

oreilles, parce qu’elles entendent! car !, je vous le dis en vérité, nombre de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu. »

«Pour vous donc, écoutez le sens de la parabole du semeur :

«Chaque fois qu'un homme entend la parole du Royaume et ne s’en pénètre pas, survient le Malin ? et il enlève ce qui a été semé dans son cœur; voilà celui qui reçu la semence le long du chemin. »

«Celui qui l’a reçue sur un sol pierreux, c’est l’homme qui entend la parole et qui tout d’abord l’accueille avec joie. Mais il n’a pas de racine en lui-mème ; il n’est que pour un temps; une afiliction ou une persécution survenant à cause de la parole, 11 y trouve aussitôt une occasion de chute. » ;

«Celui qui reçu la semence parmi les épines, c’est l’homme qui écoute la parole, mais les sollicitudes de ce monde et la séduction de la richesse étouffent la parole et la rendent stérile. »

« Celui qui reçu la semence dans la bonne terre, c’est l'homme qui écoute la parole et s’en pénètre; celui-là porte des fruits et en donne, tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente. »

Il leur proposa une autre parabole, « Voici, dit-il, une similitude du Royaume des cieux : Un homme avait semé du bon grain dans son champ; mais pendant que ses gens dormaient, son ennemi vint semer de l'ivraie * au milieu du froment et s’en alla. »

«Lorsque l'herbe poussa et porta du fruit, on vit paraître l’ivraie. »

«Les serviteurs 1 s’adressèrent au maître de la maison ; ils lui dirent : « Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où provient donc l’ivraie? » 11 leur répondit: « C’est

1 Quelques anciens manuscrits omettent car.

2 Le Malin, le Mauvais Esprit, c'est-à-dire le Diable,

3 L'ivraie (zizanie), mauvaise herbe; probablement le Lolium temulentum des botanistes,

4 Grec : Les esclaves.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU #8

un ennemi qui fait cela.» Ils lui dirent alors: «Veux-tu que nous allions l’arracher? » «Non, répondit-il, de peur qu'en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le froment. Laissez-les croître l’un et l’autre jusqu'à la moisson ; au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : arrachez d’abord l’ivraie et liez-la en gerbes pour la brüler ; quant au froment, vous le recueil- lerez dans mon grenier. »

Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé ? qu’un homme prend et sème dans son champ. C’est bien la plus petite de toutes les semences, et quand il a pris sa croissance, il est plus grand que les plantes pota- gères; il devient un arbre, tellement que les oiseaux du ciel vien- nent faire leurs nids dans ses branches. »

Il leur raconta une autre parabole : « Le Royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme prend et qu'elle cache dans trois mesures de farine jusqu'à ce que le levain ait partout pénétré. »

Toutes ces choses, Jésus les dit en paraboles aux multitudes; 1] ne leur parlait qu'en paraboles (afin que fût accomplie la parole du prophète à :

« J’ouvrirai ma bouche pour parler en paraboles ; Je révélerai des choses restées cachées depuis la création *. »)

Lorsqu'il eut congédié la foule et fut rentré dans la maison, ses disciples vinrent le trouver et lui dirent: «Explique-nous la para- bole de l'ivraie dans le champ. »

ΠῚ leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme. » Ι

« Le champ, c'est le monde. »

1 Plusieurs anciens manuscrits lisent : Les serviteurs (grec : les escluves) lui dirent alors.

? De sénevé ou de moutarde. 3 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent: Esaie. 4 Psaume 78, 2.

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78 LE NOUVEAU TESTAMENT

«Le bon grain, ce sont les enfants du Royaume. L’ivraie, ce sont les enfants du Malin 1. »

«L'ennemi qui l’a semée, c’est le diable. »

«La moisson, c’est la fin du monde?; les moissonneurs, ce sont les anges. »

«De même donc qu’on arrache l'ivraie et qu'on la brüle dans le feu, de même, à la fin du monde, le Fils de l’homme enverra ses anges et ils arracheront de son Royaume tous les scandales et tous ceux qui opèrent l'iniquité et ils les précipiteront dans l’ardente fournaise. seront les pleurs et le grincement des dents. C'est alors que les justes, dans le Royaume de leur Père, resplendiront comme le soleil. Que celui qui a des oreilles en- tendef

«Le Royaume des cieux est semblable à un trésor enfoui dans un champ. L'homme qui le trouve le tient caché et puis, débor- dant de joie, il s’en va vendre tout” ce qu'il a et il achète ce champ. » |

«Le Royaume des cieux est encore semblable à un marchaad en quête de belles perles et qui, en ayant trouvé une d’un grand prix, est allé vendre tout ce qu'il avait et a acheté cette perle. »

«Le Royaume des cieux est encore semblable à un filet que l’on a jeté en mer et qui ramassé des poissons de toutes sortes. Quand il été plein, les pêcheurs l’ont tiré à eux; puis, s’asseyant sur le rivage, ils ont mis tous ceux qui étaient bons dans des jarres et ils ont jeté les mauvais. Il en sera de même à la fin du

1 Du Malin Esprit, du diable.

? Littéralement : {x consommation du siècle, c’est-à-dire, dans la langue du temps, la fin de l'économie présente, lu fin du monde.

5 C'est-à-dire {ous ceux qui sont un sujet de scandale, qui tendent des pièges, les séducteurs.

4 Ou : écoute.

5 Quelques anciennes autorités omettent tout et lisent : vendre ce qu'il a.

5 Le sens du mot que nous traduisons par mauvais est ici indéterminé, Jésus-Christ fait peut-être allusion à l’usage des pêcheurs de son temps, de reje- ter les poissons réputés impurs et par suite interdits par la Loi,

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 79

monde ! : les anges viendront séparer les méchants du milieu des justes et ils précipiteront ces méchants dans l’ardente fournaise. seront les pleurs et le grincement des dents. » «Avez-vous compris tout cela?» «Oui, répondirent-ils. » Alors il leur dit : « Ainsi donc tout scribe instruit sur le Royaume des cieux est semblable à un homme, chef de maison, qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes, »

Quand Jésus eut achevé de raconter ces paraboles, il partit de et revint chez ses compatriotes. Il se mit à enseigner dans leur synagogue, ce dont ils furent extrêmement surpris; ils disaient : « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N'est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie? Et Jacques, et Joseph, et Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères? Ses sœurs ne demeurent-elles pas toutes avec nous? D'où lui vient donc tout cela? »

Pour eux il était une occasion de chute?.

Alors Jésus leur dit : « Un prophète n’est sans honneur que dans sa patrie® et dans sa maison. » Aussi ne fit-il que peu de mi- racles, à cause de leur incrédulité.

C'est vers ce moment que le tétrarque Hérode # entendit parler de Jésus. « Cet homme, dit-il, à ses courtisans, c’est Jean-Baptiste ! Il est ressuscité d’entre les morts! De là, ces puissances miracu- leuses qui agissent en lui ! »

Hérode, en effet, avait arrêté Jean, l’avait garrotté et jeté en prison : et cela à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Phi-

1 La fin du monde. Noir note sur le verset 99.

? Littéralement : 118 se scandalisaient en lui. C'est-à-dire sa prédication pro- voquait ces remarques sur sa famille, qui les empêchaient de croire en lui. De la sorte, Jésus lui-même leur était un piège qui les faisait tomber, un scandale. Sa prédication, qui aurait les sauver, les faisait, au contraire, le critiquer. Voir note sur Matth. 11, 6 et 18, 0 et suiv.

3 Quelques anciens manuscrits lisent : sa propre patrie.

: Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand. Voy. note sur Matth. 2, 1.

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80 LE NOUVEAU TESTAMENT

lippe!, et parce que Jean lui disait : «Il ne t'est pas permis d’avoir cette femme-là.» Hérode eüt bien voulu le mettre à mort, mais il avait peur du peuple, lequel tenait Jean pour prophète,

Or, au jour anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d'Hé- rodiade ayant dansé au milieu de la salle, avait tellement plu au tétrarque qu'il lui avait juré, par serment, de lui accorder tout ce qu'elle lui demanderait. « Donne-moi, lui avait-elle dit alors, poussée par sa mère, ici même, sur un plat, la tête de Jean- Baptiste.» Le roi en avait été attristé; cependant à cause de son serment, à Cause aussi des convives, il avait commandé de la lui donner et d'aller décapiter Jean dans la prison. Sa tête avait été apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l'avait remise à sa mère. Les disciples de Jean étaient venus prendre son come et l’ensevelir; puis ils étaient allés en informer Jésus.

Ayant appris cet événement, Jésus partit de en barque pour se retirer à l'écart dans quelque endroit solitaire. Mais les troupes, l'ayant su, sortirent des villes et le suivirent à pied, et en débar- quant il vit une foule immense, il en eut compassion ? et 1] guérit leurs malades.

Sur le soir, les disciples s’approchèrent de lui et lui dirent: « L'endroit est désert et l’heure est déjà avancée, renvoie donc les foules, afin que les uns et les autres aillent dans les villages acheter de quoi se nourrir.» Mais Jésus leur dit: «Il n’est pas néces- saire qu'ils s'en aillent; donnez-leur vous-mêmes à manger. » «Mais, répondirent-ils, nous n'avons ici que cinq pains“ et deux poissons.» Il dit: «Apportez-les-moi 1c1», et, après avoir corh- mandé que la multitude s’assit sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la béné- diction, puis il rompit les pains, les donna aux disciples et les disci-

1 Quelques anciennes autorités omettent Philippe.

2 Voir note sur Matth. 9, 36.

3 Deux anciens manuscrits lisent : mais il leur dit.

4 Les pains, chez les Juifs, étaient ronds et plats; ils servaient d’assiettes ; au commencement du repas, on remettait un pain à chaque convive. Cinq pains représentaient la nourriture de cinq personnes,

É VANGILE SELON SAINT MATTHIEU 81

ples aux foules. Tous mangèrent, tous furent rassasiés, et on em- porta les morceaux qui restaient : douze paniers pleins. Quant au nombre de ceux qui avaient mangé, il était de cinq mille hommes environ, sans compter des femmes et des enfants.

Aussitôt après!, il pressa les disciples de remonter dans la barque? et de le précéder sur la rive opposée, tandis qu'il ren- verrait les multitudes. Quand 11 les eut renvoyées, il gravit la montagne afin de prier dans la solitude. Le soir vint et il était seul en ce lieu.

Pendant ce temps la barque, déja au milieu de la mer”, était battue des flots, ayant le vent contraire. Or, à la quatrième veille de la nuit#, il vint à eux en marchant sur la mer. Quand les disciples le virent, marchant sur la mer, ils furent bouleversés. «C’est un fantôme», dirent-ils, en jetant des cris de terreur. Mais aussitôt 11 leur parla, il leur dit: « Rassurez-vous; c’est moi, soyez sans crainte.» Pierre alors s’adressa à lui: «Si c'est toi, Sei- gneur, commande que je vienne à toi sur les flots. » « Viens», dit Jésus.

Descendant de la barque, Pierre marcha sur les flots et alla vers Jésus; mais quand 11 sentit le vent6 il fut pris de peur et commença à s’enfoncer, alors il s’écria : « Seigneur, sauve-mol. » Jésus étendit immédiatement la main et lui dit en le saisissant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? »

Ils entrèrent dans la barque et le vent cessa. Alors ceux qui s'y trouvaient se prosternèrent devant lui, disant : «Tu es vraiment Fils de Dieu. »

1 Quelques anciennes autorités omettent aussitôt après. ? Un des plus anciens manuscrit lit : une barque.

3 Quelques autorités très anciennes ajoutent ici : éloignée de plusieurs stades de la terre.

# Cest-à-dire vers trois heures du matin. La nuit se partageait en quatre veilles, chacune de trois heures, à part de six heures du soir. Voir note sur Marc 13, 35.

5 Un des plus anciens manuscrit lit : quand ils le virent. Plusieurs anciens manuscrits ajoutent après le mot vent le mot violent,

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ὃ. LE NOUVEAU TESTAMENT

14,34 35 Ayant passé l’eau, ils arrivèrent au pays de Gennesaret. Les

gens de l'endroit, l'ayant reconnu, firent prévenir tout le voisinage

36 οἱ lui présentèrent tous leurs malades, le priant de les laisser seule-

ment toucher la frange de son vêtement. Et tous ceux qui la touchèrent furent guéris.

15, 4 Alors des Pharisiens et des Scribes qui arrivaient de Jérusalem 2 s’approchèrent de Jésus et lui dirent : «Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? [15 ne pratiquent pas l’ablution des mains lorsqu'ils prennent leur repas. » Il leur répondit

ainsi : «Et vous, pourquoi transgressez-vous, au profit de votre tra-

4 dition, le commandement de Dieu? En effet, Dieu a dit ? : « Honore

ton père et ta mère» et: «qu’il soit puni de mort, celui qui mau-

Qt

dira son père! Mais vous, voici ce que vous enseignez : celui qui dira à son père ou à sa mère: «Je déclare offrande à Dieu ce dont tu voudrais être assisté par moi,» ne sera pas tenu d’ho- 6 norer son père ou sa mère. Et c'est ainsi, qu’au profit de votre tradition, vous avez réduit à néant la parole de Dieu°. Hypo- crites$! C’est bien à vous que s'applique la prophétie d’Ésaïe : 8 «C’est des lèvres que ce peuple m'honore! Quant à son cœur, il est fort loin de moi ! 9 C’est en vain qu'ils me rendent un culte; _ [nes ?2» Ils enseignent des doctrines qui ne sont que des ordonnances humai- 10 Il appela à lui la multitude. « Écoutez et comprenez» leur dit-il; 1 «Ce qui rend l’homme impur$ ce n’est pas ce qui entre dans la

1 Littéralement: de son manteau. Voir sur le mot frange note sur Luc 8, 44.

? Plusieurs anciens manuscrits lisent : donné un commandement, disant.

5 Littéralement : qu'il meure de mort, c’est un hébraïsme.

Plusieurs anciens manuscrits ajoutent: ou sa mère. (Exode 20, 12 et 21, 17.)

Un des plus anciens manuscrits lit : la loi de Dieu; quelques autres lisent : le commandement de Dieu,

6 Ou: Comédiens! Voir note sur Matth. 6, 2.

7 Ésaïe 29, 13-14.

8 Ge qui lui fait contracter une impureté, suivant les idées pharisiennes du temps qui interdisaient tel ou tel aliment, telle ou telle boisson,

PR lt re

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 83

bouche ; ce qui rend l’homme impur, c'est ce qui sort de la bouche. » Les disciples s’approchèrent alors et lui dirent : « Sais-tu que les Pharisiens, en entendant ces paroles, ont été a. 1,» Il leur répondit : «Toute plante que n'a point plantée mon Père céleste sera déracinée. Laissez-les; ce sont des conducteurs aveugles !? Quand un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans une fosse». Pierre, reprenant, lui dit: «Explique-nous la parabole 5. » « Étes-vous encore, vous aussi, sans intelligence? » leur répondit-l. «Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va au ventre et, de là, est rejeté en quelque lieu secret? mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et voilà ce qui rend l’homme impur! Pensées mauvaises, homicides, adul- tères, fornications, vols, faux témoignages, calomnies viennent en effet du cœur; oui, voilà ce qui rend l’homme impur! Quant à manger sans avoir pratiqué l'ablution des mains, ce n'est point contracter une impureté. »

Jésus partit de et se retira du côté de Tyr et de Sidon #.

Une Chananéenne de ces contrées vint à lui en s’écriant : «Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi, ma fille est cruellement tourmentée par un démon. » Il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples intervinrent pour le prier de renvoyer cette femme; «elle nous poursuit de ses cris», disaient-ils. Alors il prit la pa- role : «C’est seulement aux brebis perdues de la maison d'Israël que j'ai été envoyé. » Mais la femme vint se prosterner devant lui, disant : «Seigneur, viens à mon secours. » Alors il répondit : «II n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le Jeter aux chiens. » Elle répliqua : «Si, Seigneur, car les chiens mangent

1 Voir sur le mot scandalisés note sur Matth. 18, G.

? Plusieurs anciens manuscrits lisent : des aveugles, conducteurs d'aveugles.

3 La comparaison dont les Pharisiens ont été scandalisés,

4 Deux villes païennes en Phénicie, hors de la Palestine.

5 Les apôtres, en disant: Renvote-ia, demandent-ils au Seigneur de les dé- barrasser de cette femme, en lui accordant ce qu’elle demande, ou simplement de la chasser sans lui répondre. Le texte laisse cette question indécise.

5 Quelques anciennes autorités lisent : {1 n’est pas permis.

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δά LE NOUVEAU TESTAMENT

quelques-unes des miettes qui tombent de la table de leurs maitres. » «Ὁ femme ! ta foi est grande! reprit alors Jésus, qu'il te soit fait comme tu veux.» Et à cette heure même sa fille fut guérie.

Parti de là, Jésus longea la mer de Galilée.

Puis il gravit la montagne et y demeura 1.

Et des troupes nombreuses arrivèrent vers lui, ayant avec elles des paralytiques, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d’autres que l’on déposa à ses pieds. Il les guérit. De sorte que les multitudes étaient dans l'admiration de voir les sourds-muets parler, les estropiés se guérir ?, les paralytiques mar- cher, les aveugles voir. Et elles rendaient gloire au Dieu d'Israël.

Jésus, cependant, appela ses disciples et leur dit : «J'ai compas- sion ? de cette multitude; voici déjà trois jours qu’ils ne me quittent pas, et ils n’ont pas de quoi manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu'ils ne défaillent sur la route. Les disciples lui repartirent: « donc trouver, en ce lieu solitaire, un assez grand nombre de pains“ pour rassasier une foule pareille? » « Combien de pains avez-vous?» leur dit Jésus. «Sept, répondi- rent-ils, et quelques poissons.» Il donna ordre à la foule de s’as- seoir par terre. Puis il prit les sept pains et les paissons, et rendant grâces, les rompit et les donna aux disciples; et les disciples les donnèrent à la foule. Tous mangèrent; tous furent rassasiés οἱ des morceaux qui restèrent on emporta sept corbeilles pleines.

Quatre mille hommes furent ainsi nourris, sans compter des femmes et des enfants.

Quand il eut congédié les multitudes, il monta dans la barque et se rendit au pays de Magadan 5.

Pour le mettre à l'épreuve, les Pharisiens et les Sadducéens

1 Voir note sur Matth, 5, 1,

? Un des plus anciens manuscrits omet les estropiés se guérir. 3 Voir note sur Matth. 9, 80,

! Voir sur le mot pain la note sur Matth. 14, 17.

? L'emplacement de Magadan est inconnu.

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vinrent lui demander de leur faire un signe! qui vint du ciel. Il leur fit cette réponse : «[Le soir, il vous arrive de dire: «Il fera beau, car le ciel est rouge », et le matin : « Aujourd’hui il y aura un orage, car le ciel est d’un rouge sinistre.» Vous savez donc juger l’aspect du ciel, et les signes du temps vous êtes vous ne le pouvez pas ! ?] Race mauvaise et adultère* qui demande un signe! Un signe! il ne lui en sera pas donné d’autre que celui de Jonas! » Et les laissant, il s’en alla.

Les disciples, en passant l’eau, oublièrent de prendre des pains. Or, Jésus leur dit: «Faites bien attention, prenez bien garde au levain des Pharisiens et des Sadducéens. » «C’est parce que nous n'avons pas pris de pains!» pensèrent et se dirent entre eux les disciples. Jésus, le sachant, leur dit : «Comment pouvez- vous penser ici aux pains que vous n’avez pas, hommes de peu de foi? Est-ce que vous ne comprenez pas encore? est-ce que vous ne vous souvenez plus des cinq pains pour les cinq mille hommes et du nombre de paniers que vous avez emportés? ni des sept pains pour les quatre mille hommes et du nombre de corbeilles que vous avez emportées? Comment ne comprenez-vous pas quand je dis : Prenez bien garde au levain des Pharisiens et des Saddu- céens, que je ne vous parle pas de pains?» Ils comprirent alors :

il ne leur avait pas dit de se garder du levain qu'on met dans le

pain ὅ, mais de la doctrine des Pharisiens et des Sadducéens.

Étant allé aux environs de Césarée de Philippe ὃ, Jésus inter- rogea ses disciples : « Que dit-on qu’est le Fils de l’homme?» Ils

1 Ou: un miracle.

? Ce passage, que nous plaçons entre crochets, manque dans plusieurs des plus anciens manuscrits.

3 Cest-à-dire ici impie.

1 Plusieurs anciens manuscrits lisent : que vous n'avez pas pris.

5 Au lieu de : se garder du levain qu'on met dans le pain, quelques anciens manuscrits lisent : se garder du levain des Pharisiens et des Sadducéens.

6 Ville située au nord du lac, habitée par le tétrarque Philippe, un des fils d’Hérode le Grand.

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86 LE NOUVEAU TESTAMENT

répondirent : «Les uns disent : c’est Jean-Baptiste ; les autres : c’est Élie; d’autres : c’est Jérémie, ou : c’est l’un des prophètes. » «Et vous, continua-t-il, qui dites-vous que je suis?» Simon Pierre répondit par ces mots : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Jésus alors lui adressa ces paroles : « Heureux es-tu, Simon Bar-Jona!, parce que ce n’est ni la chair ni le sang ? qui t’ont révélé cela; mais mon Père qui est dans les cieux. Eh bien, moi, je te dis : Tu es Pierre et sur cette pierre j'édifierai mon Église et les portes de la Demeure-des-morts * ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux “. »

En même temps, il recommanda à ses disciples de ne dire à

personne qu'il était, lui, le Christ.

A partir de ce moment, Jésus-Christ” commença à expliquer à ses disciples qu'il lui fallait: aller à Jérusalem; beaucoup souffrir de la part des Anciens, des chefs des prêtres et des Scribes ; être mis à mort; ressusciter le troisième jour. Le tirant alors à l'écart, Pierre se mit à le reprendre : «Que Dieu ait pitié de toi, Seigneur! non, il ne larrivera rien de tout cela.» Mais lui, se retournant vers Pierre : « Va-t’en! Arrière de moi! Satan! » lui dit-il; «tu m'es un scandale 6, parce que tes pensées ne sont pas de Dieu, mais des hommes. »

Jésus dit alors à ses disciples: «Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il porte? sa croix et qu'il me suive. Celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et il trouvera la

1 C'est-à-dire fils de Jon«.

? C'est-à-dire ce qui est mortel, terrestre. En d’autres termes : personne sur la terre ne Pa révélé cela. Voir Galates 1, 16.

3 En grec: les portes du Hadès; en hébreu : du Schéol ; la Demeure des morts dont les portes sont fermées de manière à résister à tous les efforts. Les portes de la Demeure des morts signifient donc ici la puissance de la mort. L'Église fondée sur un rocher sera inébranlable, éternelle, Voir note sur Matth. 11, 23,

4 Lier et délier ont ici le sens de fermer et d’ouvrir.

5 Plusieurs anciens manuscrits omettent Christ.

5 C'est-à-dire un piège. Tu me tends un piège,

7 Ou: qu'il prenne.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 87

vie, celui qui l’aura perdue à cause de moi. À quoi servira-t-il à un homme de gagner le monde entier s’il perd sa vie? Qu'est-ce qu'il donnera en échange de sa vie? Le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père et accompagné de ses anges et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. En vérité, je vous le dis, quelques-uns sont ici présents qui ne goüteront point la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant en sa Royauté !. »

Six jours après, emmenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, Jésus les conduisit sur une haute montagne, à l'écart, Et alors, devant eux, il fut transfiguré : sa face resplendit comme le soleil; ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voilà que leur apparurent Moïse et Élie, s’entretenant avec lui. Pierre alors, s'adressant à Jésus, lui dit: «Seigneur, qu'il nous est bon d’être ici! si tu veux, je dresserai? trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, une pour Élie...» Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les enveloppa, et que de cette nuée sortit une voix disant: «Celui-ci est mon Fils, le bien-aimé en qui je me com- plais ?. Écoutez-le.» Quand les disciples entendirent cette voix, ils tombèrent sur leur face, frappés de terreur. Mais Jésus s’approcha et, les touchant, leur dit : «Levez-vous et soyez sans crainte. » Levant alors les yeux, ils ne virent plus personne que lui, Jésus“, seul.

Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit cette recommandation : «Ne parlez à personne de cette vision jusqu’à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d’entre les morts.» Les disciples lui demandèrent: «Pourquoi les Scribes disent-ls: Il faut, avant tout, qu'Élie vienne?» Il leur répondit: «Oui, Élie doit venir et rétablir toutes choses. Eh bien, je vous le déclare, Élie est déjà venu; et ils ne l’ont pas reconnu; ils ont, au con- traire, fait de lui tout ce qu'ils ont voulu. De même le Fils de l’homme doit souffrir par leurs mains. »

1 Ou: en son Règne, ou: en son Royaume. Il n’y a qu’un seul mot grec pour ces trois mots français : Règne, Royaume et Royauté. Voir note sur Jean 18, 36.

2? Plusieurs anciens manuscrits lisent : nous dresserons.

3 Je me complais, Voir note sur Matth. 3, 17.

4 Plusieurs anciens manuscrits omettent lui et lisent : personne que Jésus seul.

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88 LE NOUVEAU TESTAMENT

Les disciples comprirent alors que c'était de Jean-Baptiste qu'il leur parlait.

Lorsqu'ils eurent rejoint la multitude, un homme s’avança vers lui et, se jetant à genoux, lui dit: «Seigneur, aie pitié de mon fils; 11 est lunatique!, et ses souffrances sont grandes, car il lui arrive souvent de tomber dans le feu, souvent aussi dans l’eau. Je l'ai apporté à tes disciples et ils ont été impuissants à le guérir. » Jésus alors prononça ces paroles : « génération incrédule et per- verse, jusqu'à quand serai-je avec vous? jusqu'à quand vous supporterai-je ? Apportez-moi l'enfant ici. » ΠῚ lui fit des menaces; et le démon sortit de lui. Cet enfant, dès ce moment, fut guéri.

Les disciples, s’approchant alors de Jésus, lui dirent en particu- lier : « Pourquoi, nous, avons-nous été impuissants à chasser ce démon? » Il répondit: «A cause de votre peu de foi, car je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé ?, vous diriez à cette montagne : « Transporte-toi d'ici là» et elle s'y transporterait; rien ne vous serait impossible $. »

Pendant qu'ils séjournaient en Galilée, Jésus leur dit: «Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes, ils le tue- ront; le troisième jour 1] ressuscitera.» Ces paroles les affligèrent extrèmement.

Quand 115 arrivèrent à Capharnaüm, ceux qui recevaient les

didrachmes * s’adressèrent à Pierre et lui dirent: «Est-ce que

votre maître ne paye pas les didrachmes? » «Il les paye» ré- pondit-1l. Et quand il entra dans la maison, Jésus le prévint en lui disant: «Quel est (on avis, Simon? de qui les rois de la terre per-

1 Les anciens, dans leur ignorance des sciences médicales, attribuaient un cer- tain nombre de maladies à l’influence néfaste de la lune.

2 De sénevé ou de moutarde.

3 Plusieurs manuscrits ajoutent ici: mais ce genre de démons ne s'expulse que par la prière et le jeûne (c’est le verset 21).

1 On appelait didrachme l'impôt annuel de deux drachmes (1 fr, 80 ce. environ) au temple pour les frais du culte par tout Israélite âgé de vingt ans et plus.

Te

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 89

çoivent-ils l'impôt ou le cens? de leurs fils ou des étrangers. »

Pierre répondit: «des étrangers». «Donc, reprit Jésus, les fils 90,17 sont libres ; cependant pour ne pas les scandaliser!, va à la mer 97

et jette l'hameçon. Le premier poisson qui se prendra, tire-le de

l'eau, ouvre-lui la bouche, tu y trouveras un statère?; prends-le

et donne-le-leur pour moi et pour toi.»

À ce moment, les disciples vinrent à Jésus et lui dirent : «Qui 1,18 est le plus grand dans le Royaume des cieux?» Alors Jésus appela 9 à lui un enfant, le plaça au milieu d'eux et leur dit: «Je vous le 2 dis en vérité, si vous n’avez été changés et n'êtes devenus sem- blables aux enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux, Qui donc se fera humble comme cet enfant sera, lui, le 4 plus grand dans le Royaume des cieux; et qui recevra, en mon nom *, un enfant comme celui-ci, me reçoit. »

«Mais celui qui aura été une occasion de chute # pour l’un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendit au cou une de ces meules que tournent les ânes ὅ, et qu'on le pré- cipität dans les profondeurs de la mer. Malheur au monde à cause 7 des scandales! Il faut bien qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive!»

«Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de chute7, 8 coupe-les et jette-les loin de toi; il t’est meilleur d'entrer dans la vie mutilé ou estropié, que d’être jeté, avec tes deux mains et tes deux pieds, dans le feu éternel 8, Si ton œil est pour toi une occa- 9

1 Voir sur scandale et sur scandaliser note sur Matth, 18, 6.

? Le statère valait quatre drachmes ou deux didrachmes.

5 En mon nom, c’est-à-dire à cause de moi, par égard pour moi.

4 Grec: qui aura scandalisé; mais ce verbe signifie ici non pas choquer, froisser, blesser; mais : tendre un piège dans lequel on tombe.

5 Littéralement : une meule d'âne, on appelait ainsi la meule trop grosse pour être tournée par un homme, parce qu’on se servait d’un âne pour la mou- voir.

5 Nous faisons sur ce mot scandale la même remarque que sur le verbe scanda- liser. Le scandale est, en grec, le piège qui fait tomber, Voir note sur Matth. 13, 41.

7 Grec : te scandalisent (même remarque).

8 Éternel ou: à venir. Voir note sur Matthieu 25, 46 et sur Jean 3, 15.

18, 10

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90 LE NOUVEAU TESTAMENT

sion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; il t'est meilleur d'entrer borgne dans la vie, que d’être jeté, avec tes deux yeux, dans la géhenne ! du feu. »

«Gardez-vous de mépriser un seul de ceux qui sont les petits! car, je vous le dis, leurs anges, dans les cieux, voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux ?. »

«Que pensez-vous de ceci : Si un homme cent brebis et que l’une d'elles vienne à s’égarer, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt- dix-neuf autres dans les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée ; et s’il arrive qu'il la retrouve, en vérité je vous le dis, il plus de joie au sujet de celle-là qu'au sujet des quatre-vingt- dix-neuf autres qui ne se sont point égarées. »

« De même ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux que périsse un seul de ceux qui sont les petits. »

«Si ton frère a péché contre toi*, va le trouver et reprends-le, toi, seul avec lui. S'il t’écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, amène avec toi une ou deux personnes, afin que tout soit décidé d’après l'avis de deux ou trois témoins. Puis, s’il refuse de les écouter, dis-le à l’église. Et, s’il refuse aussi d'écouter l’église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. »

«Je vous le dis en vérité : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel; et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ÿ, »

«Je vous répète, en vérité 6, que si, sur la terre, deux d’entre vous s'accordent pour demander une chose quelconque, ils l’obtien- dront de mon Père qui est dans les cieux. Là, en effet, deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis présent au milieu d'eux. »

1 Géhenne. ΝΟΥ. note sur Matth. 5, 22.

- Plusieurs manuscrits (mais ce ne sont ni les plus anciens ni les plus auto- risés) ajoutent ici: Car le Fils de l'homme est venu pour sauver ce qui était perdu (c'est le verset 11). Voir Luc 19, 10.

3 Votre Père. Quelques anciens manuscrits lisent : de mon Père.

t Les deux plus anciens manuscrits omettent les mots contre toi. :

Lier el délier, Voir note sur Matth. 16, 19.

5 Quelques anciens manuscrits omettent : en vérité,

LR nef GR “er ,Συ 2 PT

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 91

Alors Pierre, s’approchant, lui dit: «Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je? sera-ce jusqu’à sept fois? » Jésus lui répondit: «Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu à soixante-dix fois sept fois. À ce sujet, voici à quoi est semblable le Royaume des cieux : Un roi voulut faire rendre compte à ses serviteurs 1, Quand il eut commencé à compter, on lui en présenta un, débiteur de dix mille talents 3. Comme il n'avait pas de quoi les rendre, son maitre ordonna qu'on le vendit, lui, sa femme, ses enfants, tout ce qu'il possédait, pour l’acquittement de sa dette. Ce serviteur, tombant à ses pieds, se prosterna devant lui et lui dit: «Sois patient envers moi, et je te rendrai tout.» Le maître eut alors pitié’ de son serviteur, 11 le laissa aller et lui fit remise de sa dette. En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers#, et alors, le tenant à la gorge jusqu'à l’étrangler, 11 lui dit: «Rends ce que tu dois!» Son compagnon, tombant à ses pieds, le supplia en disant : «Sois patient envers moi et je te rendrai»; mais lui ne voulut pas; 11 s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu'il eût payé sa dette. Voyant ce qui se passait, les autres serviteurs en furent profondément affligés; et ils vinrent raconter à leur maître tout ce qui était arrivé. Alors le maitre fit appeler celui qui avait ainsi agi et lui dit: «Serviteur méchant! Je t'ai remis ta dette parce que tu m'as supplié. Ne te fallait-il pas avoir pitié toi aussi de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi? » Et son maître, irrité, livra cet homme aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé toute sa dette. »

«Ainsi vous fera mon Père céleste si chacun de vous ne par- donne pas à son frère de tout son cœur. »

3 Grec: esclaves.

4 Le talent, monnaie fictive, valait 5280 francs, une somme de dix mille talents représentait donc près de 53 millions de notre monnaie.

Voir note sur Matth. 9, 56.

5 Un denier valait 0f,88, et cent deniers, 88 francs.

19/24

92 LE NOUVEAU TESTAMENT

Quand Jésus eut achevé ces discours, il quitta la Galilée et se rendit sur la frontière de la Judée, de l’autre côté du Jourdain. De grandes multitudes le suivirent et, il y fit des guérisons.

Les Pharisiens vinrent à lui et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui dirent : «Est-il permis de répudier sa femme pour un motif quelconque?» Il répondit par ces paroles : «N'avez-vous pas lu que, à l’origine, le Créateur! «a fait un couple, mâle et femelle ? ? » et il a dit: «A cause de cela l'homme laissera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme et ils seront deux dans une seule chair ?,» Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu uni, qu'un homme ne le sépare point.» «Alors pourquoi, dirent-ils, Moïse a-tl prescrit de donner à la femme un acte de divorce et de la répudier ? » Il répondit : «C’est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a permis de répudier vos femmes. Mais, à l’origine, il n'en était pas ainsi. Or, je vous le dis : qui répudie sa femme, si ce n’est pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère.» Les disciples lui dirent: «Si telle est la condition de l’homme vis-à-vis de la femme, il vaut mieux ne pas se marier.» Il leur dit: «Tout le monde n’est pas capable de cette résolution, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des eunuques qui sont tels dès leur naissance, dès les entrailles de leur mère; il en est d’autres que les hommes ont faits eunuques ; et enfin il y en qui se sont faits eunuques eux- mêmes 1 en vue du Royaume des cieux. Que celui qui la force d'en arriver là, y arrive!»

Alors on lui amena des enfants pour qu'il leur imposât les mains en priant. Comme les disciples blämaient ceux qui les lui

1 Plusieurs anciens manuscrits, au lieu de : le Créateur, lisent: Celui qui les a faits.

2 Genèse 1, 27.

3 Genèse 2, 24,

1 C'est-à-dire qui ont volontairement renoncé au mariage.

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 93

amenaient, Jésus leur ! dit: « Laissez les enfants et ne les empê- chez point de venir à moi, car c'est à ceux qui leur ressemblent qu'appartient le Royaume des cieux.» Puis 11 leur imposa les mains et partit de là.

S’approchant de lui, quelqu'un lui dit: «Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle? » Il lui répondit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Unseul être est bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. » « Lesquels? » dit-il. Jésus répondit : «Ceux-ci: « Tu ne seras point meurtrier ; tu ne seras point adultère; tu ne seras point voleur ; tu ne rendras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère?» et: «tu aimeras ton prochain comme toi-méme $. » Le jeune homme lui dit: « Tout cela je l'ai observé; que me manque-t-il encore?» Jésus lui ré- pondit: « 81 tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes, donnes-en le prix à des pauvres : tu auras alors un trésor dans les cieux “; viens ensuite et suis-moi. » Le jeune homme, enten- dant ces paroles ὅ, s’en alla tout triste, car il avait beaucoup de biens.

Jésus dit alors à ses disciples : « Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux. Oui, je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille 6 qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu.» Ces paroles consternèrent les disciples : «Qui donc pourra être sauvé? » dirent-ils. Jésus leur répondit en les regardant: « Aux hommes, cela est impossible; mais à Dieu, tout est possible. »

Pierre s’adressa alors à lui et lui dit: «Et nous, nous avons tout quitté; nous t’avons suivi; qu'y aura-t-il pour nous?» Jésus leur répondit : «Je vous le dis en vérité, lorsque, dans le Renou-

1 Quelques anciennes autorités omettent : leur.

2 Exode 20, 12-16,

3 Lévit. 19, 18.

Plusieurs anciens manuscrits lisent : dans le ciel.

5 Quelques anciens manuscrits omettent : ces paroles.

5 Le trou d'une aiguille. Voir note sur Marc 10, 95.

7 Quelques anciennes autorités lisent : Royaume des cieux.

14, 19

94 LE NOUVEAU TESTAMENT

vellement de toutes choses! le Fils de l’homme, siégera sur le trône de sa gloire, vous aussi, vous, qui m'avez suivi, vous siégerez sur

19,99 douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël; et quiconque, à cause de mon nom, aura quitté des frères, des sœurs, un père, une mere, des enfants, des terres, des maisons, recevra beaucoup plus et possédera la vie éternelle. »

30 «Plusieurs des premiers seront derniers et des derniers premiers ;

20, 1 voici, en effet, à quoi est semblable le Royaume des cieux : Un

maître de maison sortit de très grand matin, afin de louer des

2 ouvriers pour sa vigne. 1] convint avec ces ouvriers d’un denier 2

pour la journée et les envoya à sa vigne. En sortant de nouveau

vers la troisième heure”, il en vit d’autres qui restaient sur la place

4 publique sans rien faire. Et il leur dit : «Allez, vous aussi, ma 5 vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.» Ils y allèrent.

«Il sortit également vers la sixième heure, puis vers la neuvième,

etfit de même. Étant enfin sorti vers la onzième heure, il en

trouva encore d’autres qui restaient et il leur dit: « Pourquoi

7 restez-vous ici toute la journée à ne rien faire?» Ils répondirent :

« Parce que personne ne nous loués, » et il leur dit: «Allez, vous

aussi, à la vigne. »

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8 «Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Ap- pelle les ouvriers et remets-leur le salaire, en commençant par les 9. derniers et finissant par les premiers.» Ceux de la onzième heure 10 86 présenterent alors et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent à leur tour, et ils pensaient qu'ils recevraient davantage ;

mais ils ne reçurent, eux aussi, qu'un denier chacun. » 11 «En le prenant, ils murmuraient contre le maître de la maison : 12 ils disaient : « Ceux-ci, les derniers, ont fait seulement une heure

? Grec: la Palingénésie, c'est-à-dire le renouvellement de toutes choses qui doit venir.

2 Un denier, 0f,88.

3 La journée chez les Juifs était divisée en douze heures et commencait à six heures du matin, La première heure étant six heures, la troisième correspondait neuf heures, la sixième à midi, la neuvième à trois heures, la onzième à cinq heures du soir,

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ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 95

et tu les égales à nous qui avons porté le poids du jour et de la chaleur ? »

«Il répondit à l’un d’eux : «Mon ami, je ne te fais aucun tort ; n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui est à toi et va. Je veux donner à ce dernier autant qu'a toi. Ne m'est-il pas permis ! de faire de mes biens ce que je veux. Pourquoi vois-tu de mauvais œil que je sois bon?» «Ainsi les derniers seront premiers et les premiers derniers. »

Jésus, montant à Jérusalem ?, prit, en particulier, les douze et, chemin faisant, il leur dit: « Voilà que nous moutons à Jérusa- lem ; le Fils de l’homme y sera livré aux chefs des prêtres et aux Scribes, qui le condamneront à mort; puis ils le livreront aux païens, pour qu'il soit bafoué, flagellé et crucifié ; et le troisième jour il ressuscitera. »

Alors s’approcha de lui la mère des fils de Zébédée et ceux-ci avec elle, et elle se prosterna pour lui faire une demande. II lui dit: «Que veux-tu?» Elle lui répondit : «Ordonne que, dans ton Royaume, mes deux fils que voici siègent l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. » Jésus repartit : « Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire moi- même?» «Nous le pouvons» lui dirent-ils. Et 1 répliqua : «Oui, ma coupe, vous la boirez; mais quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder, ces places sont à ceux pour qui mon Père les a préparées. »

Les dix autres qui avaient entendu furent indignés contre les deux frères. Alors Jésus les appela et leur dit: «Vous savez que les princes des nations en sont les dominateurs, que les grands exercent sur elles un pouvoir impérieux. Il n’en sera pas ainsi? parmi vous ; au contraire, qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur; qui voudra être le premier parmi vous sera votre esclave, comme le Fils de l’homme, qui n’est pas venu pour

1 Plusieurs anciens manuscrits lisent : ow ne m’est-il pas permis. ? Quelques anciennes autorités lisent : allant monter. 3 Quelques anciens manuscrits lisent : 1! n’en est pus ainsi.

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96 LE NOUVEAU TESTAMENT

être servi, mais pour servir et donner sa vie comme rançon pour

plusieurs. »

À leur sortie de Jéricho, Jésus fut suivi d’une grande foule. Et voici que deux aveugles, assis le long du chemin, entendant dire que c'était Jésus qui passait, se mirent à crier : « Aie pitié de nous, Seigneur !, Fils de David!» La foule les menaçait pour les faire taire, mais ils crièrent plus fort: «Aïe pitié de nous, Seigneur, Fils de David! h Jésus s'arrêta, les appela et leur dit: «Que voulez-vous que je fasse pour vous?» Ils lui répon- dirent : «Seigneur, que nos yeux soient ouverts! » Ému de com- passion ?, Jésus toucha leurs yeux. Et subitement ils virent, et ils le suivirent.

Quand 115 furent près de Jérusalem et furent arrivés à Bethphagé, aux environs du mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples,

en leur disant: «Allez à ce village qui est devant vous, et vous

trouverez tout de suite une ânesse attachée et son ânon avec elle. Déliez-les et amenez-les-mot. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : «Le Seigneur en a besoin »; on les enverra im- médiatement. » (Or, tout cela eut lieu afin que füt accomplie la parole du pro- phète : « Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi, Plein de douceur, monté sur une ânesse Et sur un non, le petit d'une béle de somme ὃ. ») Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon; ils placèrent sur eux leurs man- teaux et Jésus s’assit dessus. La plus grande partie du peuple étendait ses vêtements sur le chemin ; d’autres coupaient des bran-

1 Quelques anciens manuscrits omettent Seigneur. 2 Voir note sur Matth, 9, 36. 3 Zacharie 9, 9.

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ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 97

ches aux arbres et en jonchaient la route. Et toute cette multitude, ceux qui le précédaient et ceux qui le suivaient, criait : «Hosanua pour le Fils de David 1!

«Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur

Hosanna au plus haut des cieux!»

A son entrée dans Jérusalem, la ville entière fut en émoi; on disait: «Qui est celui-ci?» et les multitudes répondaient : «C'est le prophète Jésus de Nazareth de Galilée. »

Jésus entra dans le Temple ὅ, et il en chassa tous les vendeurs et tous les acheteurs ; il renversa les tables des changeurs, ainsi que les sièges des marchands de colombes, et il leur dit: « Il est écrit :

«Ma maison s'appellera maison de prière *. »

«Eh bien! vous en faites

…......... une caverne de brigandsÿ. »

Dans le Temple, aveugles et estropiés s’approchèrent de lui, et il les guérit.

Voyant les merveilles qu’il accomplissait et les enfants crier dans le Temple et dire: «Hosanna pour le Fils de David!» les chefs des prêtres et les Scribes furent indignés: «Est-ce que tu entends ce que ceux-là crient?» lui dirent-ils. «Oui, leur répondit Jésus, n’avez-vous donc jamais lu cette parole :

« Dans la bouche des petits enfants et des nourrissons qu'on allaite, Tu l'es préparé des louanges 5, »

Puis il les quitta et sortit de la ville pour aller à Béthanie, il

passa la nuit.

Le matin, en revenant à la ville, il eut faim, et voyant sur le chemin un figuier isolé, il s'en approcha ; mais il n'y trouva rien,

1 Cette exclamation correspond exactement à: Vive le fils de David. Hosanna est un mot dérivé de l’hébreu et signifiant: Sauve, je te prie.

2 Psaume 118, 26.

5 Plusieurs anciens manuscrits ajoutent: de Dieu Voir sur ce mot: Le Temple, note sur Jean 2, 14.

4 Ésaïe 56, 7.

Jérémie 7, 11.

5 Psaume 8, 3.

«!

9, 21

10 11

19

13

14

16

47

18 19

21,

27

98 LE NOUVEAU TESTAMENT

il n’y avait que des feuilles. II lui dit alors: «Que jamais fruit ne paisse de toi désormais!» A l'instant même le figuier sécha. A cette vue, les disciples s’étonnèrent et ils dirent: «Comment ce figuier s'est-il instantanément desséché? » Jésus leur répondit par ces paroles : «En vérité, je vous le dis: si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce que j'ai fait à ce figuier, mais quand même vous diriez à cette montagne : Soulève-toi et jette-toi dans la mer, cela s’accomplirait. Tout ce que, dans la prière, vous demanderez avec foi, vous le recevrez. »

Quand 11 fut entré dans le Temple, les chefs des prêtres et les Anciens du peuple vinrent à lui, pendant qu'il enseignait, et lui dirent : «En vertu de quelle autorité fais-tu ces choses? et qui t'a donné cette autorité?» Jésus leur répondit par ces paroles : «Je vous ferai, MOI aussi, une question, une seule, et si vous me ré- pondez, je vous dirai en vertu de quelle autorité je fais cés choses. Le baptême de Jean, d’où venait-il? du ciel ou des hommes? » Or ils faisaient, à part eux, ce raisonnement : «Si nous répondons : du ciel, il nous dira : Pourquoi donc ne l’avez-vous pas cru? Et si nous répondons : des hommes, nous avons à craindre la multitude, car tous tiennent Jean pour prophète. » Alors ils ré- pondirent ainsi à Jésus : «Nous ne savons.» Et lui, il leur dit à son tour : «Je ne vous dis pas, moi non plus, en vertu de quelle autorité je fais ces choses. »

«Que pensez-vous de ceci : un homme avait deux fils. Il s'adressa au premier et lui dit : « Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.» Celui-ci répondit: «J'y vais, seigneur» et n'y alla pas. Venant ensuite à un autre fils, le père lui parla de même. Gelui-là répondit: «Je ne veux pas» et plus tard, touché de repentir, il y alla. Lequel des deux a fait la volonté de son père ὃ» «C'est le dernier » répondirent-ils 1,

! Plusieurs anciens manuscrits lisent ainsi ce passage : ΠῚ s'adressa au pre- mier et lui dit: Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne; celui-ci

+. ψ ὃν ad

PRE ΔΑ,

| ΡῈ

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU 99

Et Jésus ajouta : «En vérité, je vous le dis, les publicains et les femmes de mauvaise vie vous précèdent dans le Royaume de Dieu. Jean, en effet, est venu à vous dans la voie de la justice et vous ne l'avez pas cru. Les publicains et les femmes de mauvaise vie l'ont cru; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas repentis, vous n’avez pas fini par le croire. »

« Écoutez une autre parabole : Il